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= DUDU Express =

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Un tour d'Eurasie express pour la famille Dudu en camping-car

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Dimanche 9 avril
 
Il n’y a pas école aujourd’hui, nous décollons assez tôt sous une fine bruine.
Nous rejoignons le village pour y acheter du pain. Les boulangeries ne sont pas évidentes à trouver. Voici une boutique type. Ca change de nos vitrines françaises. Heureusement il y a généralement des panneaux pour les indiquer. Le boulanger était tout intimidé.
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Puis nous retournons à la boutique de vente de brioche. Au petit déjeuner nous avons presque mangé toutes celles d’hier. Le monsieur nous reconnait et est ravis de nous revoir. Tant qu’on est « en ville », nous en profitons pour faire quelques courses. On nous propose le thé et même quelques bonbons. Super !

 
L’objectif du jour est de rejoindre la mer Caspienne à Astara, à la frontière Azerbaïdjanaise. Sur la route nous passons dans la grande ville d’Ardabil. Au moment où je consulte le GPS, je me prends un nid de poule. Nous avons bien sauté, et résultat, le fermoir de la porte du four s’est cassé. Nous sommes obligés de nous arrêté pour bloquer la porte avec un tendeur. Il faudra trouver un meilleur système plus tard pour utiliser le four.
 
Allez, c’est reparti. Nous montons sans cesse jusqu’à atteindre 1 600 m d’altitude. Un tunnel, puis vient la grande descente vers la mer. 41 kilomètres de lacets sur une route très fréquentée. Il y a énormément de camions qui roulent au pas afin de ne pas faire chauffer les freins. Du coup les iraniens doublent n’importe comment. Normal !
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Tout au début de la descente, nous découvrons une piste de luge d’été. Vue la pente et la longueur de la piste, le frisson est garanti. Dommage, le vent est trop fort et la piste est fermée.
Nous nous arrêtons déjeuner au milieu de la descente sur un promontoire avec une vue magnifique sur la vallée.

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Comme d’habitude nous faisons la curiosité des iraniens. Ils sont nombreux à faire le tour de la Dudumobile. D’ailleurs, c’est amusant, par la caméra de recul, on en voit même certain faire des selfies.
 
Même si la vue est magnifique, nous sommes exposés au vent. Certaines rafales nous ballottent sérieusement. Au milieu du repas, on subit un gros coup de vent, puis on entend un bruit de plastique qui tombe. Panique à bord, la fenêtre du lit de Simon s’est envolée !! Il l’avait ouverte
légèrement pour aérer et le vent s’est pris dedans.
 
Heureusement elle n’est pas tombée dans le ravin et elle n’est pas abimée. En m’aidant d’un marchepied, j’essaye de la remettre en place, mais je suis à bout de bras. Une autre rafale et la fenêtre m’emporte. Heureusement Pauline arrive à la retenir. On laisse tomber, pour y revenir après le repas.
 
Cette fois je déplace le camping-car de façon à être protégé du vent. En tâtonnant un peu nous arrivons à replacer la fenêtre dans son logement. Ouf !!!! Quelle frayeur.
 
Mais la descente nous révèle une autre surprise. Nous somme juste reparti, lorsque j’aperçois un camping-car dans mon rétro. Incroyable, ça fait belle lurette qu’on n’en a pas vu. Le dernier c’était à Pamukkale où nous avions discuté avec des allemands globes trotteurs. Mais, oui, ce sont eux. C’est improbable. 2 500 km plus tard, nous retrouvons sur la même route, en même temps. Nous n’en croyons pas nos yeux.
 
Par contre, les allemands, ils tracent. Nous pensions qu’ils allaient s’arrêter un peu plus loin, qu’on puisse discuter un peu. Mais non, on ne les reverra pas. Dommage !
Tout en bas de la descente nous longeons sur plusieurs kilomètres la frontière azerbaidjanaise, les fils barbelés et les tours de guet sont au ras de la route.
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Nous arrivons dans la ville frontière d’Astara et voulons tout de suite aller voir la mer. Manifestement nous sommes trop près de la frontière. Le seul accès à la mer est parqué et payant ! Tant pis.
Après les fruits et légumes de bord de route, place aux poissons. Par sûr que ce vendeur ait beaucoup de clients ! ;-)

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Dans cette région beaucoup plus humide, on cultive le riz. Cela lui donne des airs d’Asie du Sud-Est. Le contraste avec les paysages de ce matin est saisissant !

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Pour le bivouac de ce soir, nous cherchons une vue sur mer, tant qu’à faire. Nous cherchons un accès mais c’est pas évident. D’autant que les cartes du téléphone, Google comme OSM, ne sont pas toujours complètes. Nous finissons par nous risquer dans un chemin bien cabossé.

Après quelques virages, nous arrivons sur une plage. Le sable est humide et bien dur, aucun problème pour nous aventurer dessus. Il n’y a qu’à suivre les traves des autres véhicules.
Bon il faut le dire, c’est pas très propre. Malheureusement ça n’est pas une surprise. Nous allons à la rencontre d’un pêcheur qui range ses filets. Manifestement il n’y a pas de poisson.

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Quelques minutes plus tard, nous sommes rejoints par deux hommes à moto. Comme ils ne parlent pas anglais, l’un d’eux passe un coup de fil, puis me tend le téléphone. Il s’agit de son neveu, qui lui parle anglais, la communication n’est pas très bonne. Mais je comprends qu’il souhaite qu’on bivouaque dans son jardin. Comme nous préférons rester sur la plage, je lui propose de venir nous y rejoindre pour discuter plus facilement.

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Sur la plage il y a d’énormes tas de coquillages, nous nous demandons pourquoi et par qui sont-ils fait ? En tout cas, ça amuse les enfants.

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Le vent a faibli mais il est encore suffisamment vif pour sortir le cerf-volant. On s’amuse bien et ça attire les passants comme des aimants. Je suis bon pour une séance de selfies.

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Soudain, deux autres hommes à moto arrivent de nulle part et me tende un poisson. Machinalement je tends les mains pour le prendre et les deux hommes repartent aussi sec en me faisant un signe de la main. Je me retrouve, sidéré, au milieu de la plage avec mon poisson dans les mains. Ca va nous changer des brioches.
Je n’ai pas d’autre choix que de me mettre à le vider et à l’écailler. Je ne me souviens plus avoir déjà fait ça, mais l’avoir vu oui. Merci Papa !
 

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Je ne m’en tire pas trop mal. Céline qui était tranquillement installée devant un film, se trouve contrainte de prendre le relais pour la cuisson !

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

A peine terminé, une autre moto arrive. Ah, il s’agit du jeune homme avec qui j’ai discuté au téléphone. Il a 18 ans et est étudiant. Il est ravis de nous rencontrer et super content de pouvoir parlé anglais. C’est un bon entrainement dit-il. Nous discutons une bonne demi-heure puis comme à chaque fois, c’est l’heure de la photo ;-).
Je fais tout petit à côte de lui !!!

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Quelques minutes après son départ. Rebelotte, deux nouveaux jeunes se pointent en moto. C’est le défilé ce soir !!! :-D
 
Je réponds volontiers à toutes les curiosités. Et puis, aller, une photo bien sûr !!
Pfiou, que d’émotions pour la journée.
Nous avons bien mérité notre poisson au court bouillon avec un peu de mayo et de citron.
 
 

Lundi 10 avril,

Quel vent encore cette nuit, peut être le plus fort depuis notre départ. !!! Heureusement qu’il nous faisait face sinon on aurait encore été malmenés. Par contre, la nuit claire a laissé place aux nuages et à la pluie.
 
Nous ressortons de la plage et nous arrivons face à une scène horrifiante. Des vaches paissent au milieu des déchets !! Bouaww. De quoi vous dégouter de manger de la viande.
 
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Nous longeons la mer caspienne vers le sud. Dans la ville de Hashtpar nous nous arrêtons chez un garagiste pour voir s’il est possible d’adapter notre lyre de remplissage de gaz.
C’est le patron, en costume, qui se lance dans l’opération. Il tombe la veste et se démène corps et âme dans la tâche. Hors de question qu’il nous laisse partir sans solution.
Et après plusieurs tentatives nous trouvons finalement un montage qui tient la route. Nous avons été l’attraction de la matinée. Employés, clients, passants, tous étaient sur le bord de la route avec nous !! Bah oui, ici on fait au plus simple, on bricole sur le trottoir, au milieu des bouses de vaches.
Encore un excellent moment !!

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
La météo est vraiment pas terrible aujourd’hui, nous préférons nous arrêter tôt, et si possible en bord de mer. Après avoir essayé plusieurs routes, nous trouvons un coin sympa.
Nous souhaitons profiter de la fin de journée en jouant ou en regardant un film. Malheureusement une mauvaise nouvelle vient gâcher nos plans.
 
Lors de notre passage à la douane, un « facilitateur » nous a fait remarquer que l’Iran était rayé sur notre carte verte. Sûr de moi, je lui avais dit que c’était bon et que nous étions couvert. Après coup j’ai contacté l’assurance et le verdict est tombé, pas de couverture en Iran. Je suis très surpris car il me semblait avoir pointé les pays lors de la souscription.
 
La soirée sera donc consacrée à trouver une assurance. Nous contactons plusieurs compagnies françaises mais aucune ne peut nous assurer ici. Nous devrons donc trouver une assurance locale. Et cela va grignoter notre stock de liquidité, qui est déjà un peu juste.
Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le téléphone de Céline est bloqué, on a dépassé les 50 € de com à l’étranger !! Coup double !!
Bref, le moral est bien entamé ce soir. Espérons que demain ça s’arrange.
 
 
 
Mardi 11 avril,
 
Le temps ne s’est pas vraiment arrangé,  ni le moral. Nous décampons assez tôt pour rejoindre la ville de Rezvanshahr. Comme tout est en Farsi, nous avons du mal à identifié la fonction des différents bureaux. Heureusement, les iraniens sont toujours là pour aider. Un jeune homme me conduit à un bureau, fermé. Un deuxième, pareil.
Il s’avère que nous sommes un jour férié (la guigne continue) !! Cela nous semble difficile à croire car tous les commençants sont ouverts. On dirait que seul le secteur tertiaire chôme cette journée. Nous devrons ressayer demain.
 
Il faut que nous fassions le plein d’eau aussi. Pour savoir on trouver un point d’eau nous nous renseignons auprès de la boucherie devant laquelle nous sommes stationnés. Le patron me propose d’utiliser son évier. Comme il nous faut 150 litres, je nous voir mal faire le va et vient avec des seaux dans sa boutique.
Du coup ils passent quelques coups de fils et me dit d’attendre. Je crois comprendre qu’il a carrément appelé les pompiers !!! Et en effet, quelques minutes plus tard, deux hommes viennent  nous chercher en voiture et nous font signe de les suivre. Il nous conduise jusqu’à la caserne. Comme le tuyau qui donne sur la rue est trop court, ils nous font rentrer dans la cour et vont chercher la citerne pour remplir !!! Quand il s’agit de rendre service, les iraniens ne lésinent par sur les moyens.
A l’instar du garage auto d’hier, ils sont tous sourires et mette un point d’honneur à nous dépanner.
On a même droit à un lavage du camping-car gratuit !!
Sidérant !!
Au-delà du service matériel, cela nous a bien remonté le moral.
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

Nous reprenons la route vers le sud et passons dans la ville de Fuman où nous découvrons deux spécialités : les koulouches et le thé.
 Les koulouches sont des pâtisseries à la cannelle et aux noix.

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne

En début d’après midi nous visitons le village de montagne de Masuleh. Malheureusement la bruine est arrivée le temps que nous déjeunions et maintenant la vue est bouchée.
Cela ne nous empêche pas d’arpenter les ruelles millénaires au milieu des maisons ocres construites en terrasse.
De loin ça ne paye pas de mine, mais c’est quand même sympa. En été, le site et la vallée qui y mène, doivent être très prisés vu le nombre de bicoques et de zones de pique nique qui bordent la route. 
Un joli coin de fraicheur.

Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
Des hauts et des bas sur les bords de la Caspienne
L’après midi n’est pas très sensationnel, nous roulons en direction de Téhéran où nous espérons récupérer nos visas jeudi. La vallée qui rejoint Rasht à Qazvin est très encaissée et serpente pas mal. Petit exploit, nous avons réussi à négocier le prix du gasoil à 5000 rials au lieu de 6000. A
la fin ça ne fait pas beaucoup de différence mais c’est quand même une victoire !
 
Il nous faut sortir de la vallée pour trouver un espace de bivouac calme et plat. La nuit, et la fatigue, pointent leur nez quand nous nous engageons dans la petite ville de Bu’einak. Nous traversons la ville sous le regard intrigué des habitants et trouvons un coin sympa pour nous installer. C’est peine perdue, nous avons été suivi !!
Un groupe de jeune nous fait comprendre que nous ne sommes pas en sécurité ici, et il nous propose un autre emplacement. Nous les suivons. Leur première idée est de nous installer dans la cour d’une maison. Malheureusement l’entrée est trop étroite pour notre gabarit. Alors nous les suivons jusqu’à l’entrée de la ville ou vit un des autres jeunes. Cette fois le portail est assez grand, par contre nous sommes tout près de la route et du chien.
Nous avons beau leur expliquer que le bruit va nous gêner et qu’on préfère remonter là où était, rien n’y fait. Comme nous ne voulons vexer les habitants, nous finissons par accepter leur proposition.
 
C’est paradoxal, les iraniens ont peur pour notre sécurité mais eux sont prêts à accueillir des étrangers chez eux.

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Commenter cet article

Denis 14/04/2017 06:53

Quoi de plus normal que d'offrir un poisson au mois d'avril ;)
J'espère que vous avez prévu un sas de décompression avant votre retour, car coté serviabilité ça va faire un choc !

Xav 15/04/2017 06:00

Oui t'inquiète, on fera un palier en Russie. Lol.

Julien T 13/04/2017 13:39

Marrant de voir a quel point le camping-car créé des liens :D

Xav 15/04/2017 06:01

Oui ça attire les iraniens comme des mouches. Et je te passe le nombre de saluts, de coups de klaxon et de welcome to Iran !