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= DUDU Express =

= DUDU Express =

Un tour d'Eurasie express pour la famille Dudu en camping-car

Kandovan

Vendredi 7 avril
 
Il est 7h30, alors que nous prenons notre petit déjeuner, nous remarquons un jeune couple d’iranien en train de pique-niquer. Ils ont allumé un feu pour faire du thé et ont mis une couverture par terre, alors qu’il fait quand même froid.
Kandovan
D’ailleurs quelques minutes plus tard la pluie commence à tomber les obligeant à plier bagages. D’autres ont été plus malin, ils ont installé leur tente sous des abris étudiés pour.
 
Après l’école, nous profitons du point d’eau pour faire le plein. J’ai eu droit à traditionnelle question « Where are you from ? » au moins 4 fois. C’est fou le nombre d’iranien qui sont intéressé par notre provenance !!
Et en réponse cela varie entre les « Welcome to Tabriz » ou « Welcome to Iran ». C’est excellent !!
 
L’étape du jour est le village de montagne de Kandovan, à 60 km de Tabriz.  Sur la route nous nous arrêtons dans une station service. Je souhaite tester le gasoil iranien avant d’être à sec pour voir comment se comporte notre moteur. En effet, ce gasoil à une teneur en souffre très élevé, ce qui n’est pas très apprécié des moteurs modernes. Je pense qu’avec notre moteur de plus de 10 ans ça va aller, mais prudence. Testons déjà avec un plein mixte.
 
Cela étant, le plein, en Iran, c’est le bonheur. Le tarif affiché est 600 rials le litre, soit 17 centimes le litre !!! Pour un demi plein on s’en tire à 6 €.
Et encore, on pourrait descendre encore car les routiers ont une carte qui divise le prix du carburant par deux. J’ai bien essayé de négocier pour bénéficier de la ristourne, mais en vain. Une prochaine fois peut être.
 
Alors que j’étais en train de payer, je vois un homme qui me fait de grands gestes amicaux. En un rien de temps, il se retrouve au niveau de la porte de Céline et l’ouvre carrément. Il est super content de voir l’intérieur du camping-car. Comme un gamin à Noël !!! Il fait même une vidéo !! Une dernière photo et hop, nous pouvons démarrer.
Je me gare un peu plus loin dans la station. Je voudrai voir comment sont faits les pistolets GPL iranien pour un futur remplissage de nos bouteilles de gaz. Manifestement cette station ne délivre que du carburant traditionnel.
 
C’est alors que mon badaud revient à la charge, il tient absolu à montrer le camping-car à son fils et à sa femme !!  Nous leur montrons avec plaisir même si la femme est un peu gênée.
 
Nous nous arrêtons à mi-chemin pour déjeuner juste à côté d’une supérette. Ca tombe bien, il est temps de ravitailler. Quel casse tête les courses en Iran, mais les deux hommes de la boutique (peut être des frères) sont aux petits soins. Le plus jeune parle un peu anglais, et sinon il utilise Google translate. Il fait l’ensemble des courses à nos côté. Dès qu’on a un doute sur un produit, sur le prix, ou le poids, il nous fait la traduction. C’est un peu déstabilisant mais tellement généreux. Ils sont comme ça les iraniens, toujours prêts à rendre service.
 
On a quand même fait une découverte essentielle, le prix des produits est souvent écrit directement dessus à l’encre noire, comme les dates de péremption chez nous. Par contre en toman et rial, c’est pas toujours évident.
Une curiosité aussi, ils vendent les œufs au poids !!
 
On a bien mis une bonne heure pour acheter une vingtaine de produits. Il ne faut pas être pressé en Iran, mais c’était vraiment sympa.
On a un peu galéré à la fin pour ce faire comprendre : Pour transporter toutes nos marchandises jusqu’au camping-car, on voulait utiliser leur panier en métal et non ces maudits sacs plastiques qu’on n’arrive pas à écouler et qui décorent les champs et les arbres. Je crois qu’ils nous ont prix pour des fous. Pas facile de leur faire comprendre l’aspect écologique de la chose. Mais c’est en semant des petites graines que les choses finissent par changer. Enfin c’est ce que j’aime à croire.
Du coup le jeune homme, s’est même proposé pour nous porter le panier. Cela m’à gêné mais j’ai vraiment l’impression que ça lui faisait plaisir.
 
Après les courses, direction Kandovan. Ce petit village de montage à des airs de Cappadoce. Des habitations troglodytes ont été creusées dans la roche. Le site est assez touristique, mais des familles vivent toujours ici. Il y a du monde aujourd’hui car nous sommes vendredi. Nous tombons également sur deux touristes néozélandais avec qui ont échangent quelques minutes. C’est fou comme le courant passe vite quand on a des choses en commun. On aurait pu discuter pendant des heures à mon avis !!
Kandovan
Kandovan
Kandovan
Kandovan
Kandovan
Kandovan
Kandovan
Kandovan
Kandovan
Après la visite, nous nous posons sur un grand parking à l’entrée de la ville. A une telle altitude la nuit risque d’être bien fraîche, peut être aurons-nous de la neige au réveil ?
 

Samedi 8 avril
 
A défaut de neige, c’est l’orage qui nous a accompagné une partie de la nuit. Avec de la pluie et un vent soutenu.
Nous nous interrogeons sur la suite du programme, nous avons le choix entre un itinéraire assez direct vers Téhéran, ou alors nous pouvons faire un détour par la côte de la mer Caspienne.
En arrivant trop tôt à Téhéran nous risquons d’être bloqués pour attendre nos visas turkmènes. Alors nous préférons « trainer » un peu et changer d’horizon. Après plusieurs semaines de montagne, en route pour la mer.
Nous avons 4 bonnes heures de route pour atteindre Astara, que nous couperons en deux demi-journées.
Pour déjeuner nous restons à Kerdovan, et nous sortons du fromage français du congel, au grand bonheur de tous !!
Kandovan
Kandovan

La Dudumobile nous fait un coup de calcaire pour démarrer. L'inquiétude grandissant, nous espérons que ça ne soit pas un des effets du gasoil soufré. A la troisième tentative le moteur ronronne. Soulagement. Espérons que ça ne soit que les effets de l'altitude et du froid.  

Nous redescendons ensuite sur Tabriz puis nous empruntons un bout d’autoroute jusqu’à Bostanabab. Le tarif est très correct et le revêtement très bon ! Les paysages sont une nouvelle fois magnifiques.

Kandovan
Kandovan
Puis nous bifurquons en direction d’Ardabil. Le trafic est soutenu mais fluide. A un moment une légère montée fait peiner les camions. Ils se serrent à droite pour laisser passer les voitures. Je suis le mouvement. Malheureusement en haut de la côte, les policiers guettent et me font signe de m’arrêté. Aïe, j’ai franchi la ligne blanche pour doubler les camions.
 
Sur les bons conseils des voyageurs exploracy, c’est Céline qui se présente à la voiture de police. Il semble que ça déstabilise d’avantage les policiers d’avoir à faire à une femme. Le policier lui fait comprendre qu’on n’avait pas le droit de dépasser à cet endroit. Il s’apprête à nous dresser une contravention mais en voyant notre carte grise, il soupire. Trop compliqué pour lui, du coup il laisse tomber et nous pouvons repartir !! Ouf !!

En même temps, vu comment roule les iraniens, ça m’aurait fait mal de me prendre un prune.
Vous le croirez si vous voudrez mais 10 km plus tard, rebelote. Nous nous faisons arrêter de nouveau. Cette fois il s’agit seulement d’un contrôle. Plus de la curiosité qu’autre chose. Il nous semble même que le policier a regardé la carte grise à l’envers :-D
 
Un peu plus nous arrivons dans la ville de Nir pour bivouaquer. A l’entrée de la ville nous découvrons des fabriques de pains étonnamment dorés, comme des brioches. Nous nous arrêtons pour voir ça de plus près. Effectivement on dirait bien de la brioche. Il y en a deux variétés, qu’on s’empresse d’acheter. Sur le trottoir nous nous faisons accoster par un homme, un peu louche. Nous n’arrivons pas à comprendre ce qu’il nous dit. A part qu’il nous demande d’où on vient (comme à chaque fois). Il nous propose bien de parler russe, mais ça ne va pas beaucoup nous aider.
 
Dans cette région frontalière avec l’Azerbaïdjan, bon nombre d’iraniens parlent russe, c’était le cas aussi à l’est de la Turquie.
 
Un autre homme se joint à nous. Malgré son anglais rudimentaire, je crois comprendre qu’il nous invite chez lui. Mais je ne suis pas sûr. De toute façon nous sommes dans l’obligation de refuser.

En effet, il y a ici une règle de savoir vivre qui veut que les iraniens se sentent obligés de vous inviter. Il est de coutume de refuser de premier abord cette invitation. De cette façon, si la personne n’est pas réellement en mesure de vous inviter, elle peut se sauver la face. La bonne pratique est de refuser trois fois, avant d’accepter. Ca s’appelle le Ta’arof.
Le monsieur n’insistant pas, nous en restons là et saluons notre rencontre fortuite.
 
Une fois montés dans le camping car et les achats rangés, nous voyons le premier monsieur qui revient vers nous. J’ouvre la fenêtre et il me tend deux brioches qu’il vient de nous acheter. Voilà, c’est ça l’accueil iranien !!
 
Nous bivouaquons un peu à l’écart de la ville dans un parc de loisirs où il y a quelques manèges et stands de restauration.

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Denis 11/04/2017 06:40

Les habitations troglodytes ėquipées de portes et fenêtres, excellent !

Daniel 10/04/2017 16:52

Bonjour les Dudu,
je suis désormais votre périple iranien. On prépare le notre pour cet été. L'an dernier, j'étais tombé (en Slovaquie, je crois) sur un répertoire de campings de l'assoc slovène (!!) de camping caristes, avec deux pages de campings en Iran avec les points GPS. Il y en a seulement 12 pour le pays, mais cela peut être utile. J'en avais fait une photo : je peux vous l'envoyer si vous voulez, par mail.
Belles journées à vous au bord de la Caspienne.