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= DUDU Express =

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Un tour d'Eurasie express pour la famille Dudu en camping-car

De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Mardi 23 mai

Nous quittons notre joli campement près de la rivière et regagnons Och pour une étape logistique. Au-delà de l’habituel ravitaillement en eau et en vivres, nous devons faire la vidange de la Dudumobile. Avec ces conditions de route difficile, il ne vaut mieux pas dépasser 15 000 km.
Nous nous arrêtons dans un petit garage comme il y en a régulièrement sur le bord des routes. Et devinez quoi, il est construit avec des containers. Mais malheureusement ils ne sont pas assez haut pour avancer la Dudumobile au dessus de la fosse.
Pour cet entretien, Ypocamp nous a tout fournit en France : huile, filtres. Je pense être capable de tout changer moi-même mais je n’ai pas les bons outils alors et j’essaye d’expliquer au mécano ce que je désire. Il n’est pas très causant mais il se met direct au travail. Du coup je n’ai pas eu le temps d’aborder la question du prix.
Nous avons un souci avec le filtre à gasoil qui ne correspond pas à l’ancien. Pfff. Et à priori, impossible d’en trouver un au Kirghizstan. Curieux car d’après la documentation technique du garage. Le modèle que m’a donné Ypocamp correspond bien à la référence pour ce Fiat Ducato. Il y a peut être eu plusieurs versions. En attendant de trouver un filtre dans un prochain pays nous devons donc garder l’ancien.
Sinon pour le reste c’est ok. Au moment du paiement le mécano essaye clairement de nous arnaquer. Il nous demande 6000 soms, soit prêt de 80€ pour une heure de main d’œuvre !
Nous arrivons à redescendre la note à 1000 soms, 14€. Mais nous ne savons pas trop ce que valait réellement la prestation.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
L’heure du midi est bien avancée alors nous nous restaurons de nouveau dans une gargote. On retrouve les plats habituels mais Céline opte pour une nouveauté.  Un plat russe très copieux avec oeuf,   steack haché, pâtes, blé noir et riz.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas


Pauline continue son régime manty, Simon prend du poulet, et cette fois c’est moi qui reviens aux chachliks. Celles-ci sont à la viande hachée, ça change.

En fin d’après-midi nous prenons la route en direction de Bichkek. Nous avons prévu de faire plusieurs étapes avant d’arriver à la capitale. La première sera à Arslanbob mais il est trop tard pour la rejoindre aujourd’hui alors il nous faut trouver un bivouac intermédiaire. Après deux tentatives infructueuses dans des chemins poussiéreux, nous nous arrêtons en bordure  de la route principale près d’un lac. Ici les berges ne sont pas très propres mais c’est suffisamment calme pour passer une bonne nuit.
Au cours de la soirée des bergers en pick-up et chevaux s’installent à côté de nous. Ils sont bien sûr accompagnés de leur troupeau de moutons et de vaches. Pour la nuit tranquille, on repassera :-D
Mais une fois le soleil couché les animaux se font discrets.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
Mercredi 24 mai,

Mais dès 5h30 et le lever du soleil, ça s’agite autours de nous ! Les vaches meuglent tellement fort et tellement près que ça en ferait vibrer les parois !
Mais une fois le troupeau rassemblé les bergers repartent et nous pouvons bénéficier de quelques heures de sommeil supplémentaires.
On reste prêt du lac pour la matinée et on se remet en route en début d’après midi. Nous n’avons que 100 kilomètres pour rejoindre Arslanbob mais la route se dégrade au fur et à mesure qu’on avance.
Arslanbob est une bourgade Ouzbèkes nichée dans la vallée au pied d’une chaîne de montagnes qui apparait comme un mur infranchissable.  Cette ville est célèbre pour sa forêt de noyer. La plus grande du monde.
Il y a de bonnes balades à faire dans le coin mais après avoir rejoint difficilement la ville, il n’y aucun coin propice à un bivouac calme et plat. Nous préférons redescendre un peu plus bas où nous avons repéré un site dégagé et enherbé près de la rivière. Et en plus la vue sur les montagnes est top.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Jeudi 25 mai,


Ca faisait longtemps que nous n’avions pas sorti la table et les chaises de camping. Mais ce matin c’est p’tit déj au soleil !

De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Au cours de la matinée nous avons la visite d’une ouzbèke qui vit dans une maison un peu plus loin. Elle n’est pas très causante alors nous partageons un café, tout simplement.

De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
Nous avions pensé faire un skype avec l’école. J’ai envoyé un mail hier en ce sens, mais au cours de la matinée nous nous rendons compte que nous sommes le jeudi de l’ascension. Pff, les boulets. Y a pas à dire on ne vit pas au même rythme et avec les même préoccupations qu’en France !
Pour le repas du midi nous nous risquons à faire un barbecue. Je dis « risquons » car nous ne sommes pas sûr de trouver assez de bois pour que la braise tienne et nous n’avons ni grille, ni pique à brochettes pour faire cuire le poulet. La solution : utiliser des cintres pour faire des brochettes !
Et ça le fait bien, mais il faudrait deux tiges par brochette pour éviter que les morceaux de viande ne pivotent et ne cuisent toujours du même côté. Pour le dessert, Céline a la bonne idée de faire des bananes au chocolat dans la braise !! Un régal !!
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
Cette journée de détente est appréciée de tous. Chacun peut s’occuper comme il veut et après plus de 3 mois de vie dans cet espace confiné on a tous besoin d’un peu de solitude et de tranquillité.
C’est aussi l’occasion pour moi d’apprendre la règle des échecs à Pauline et Simon. Pauline était demandeuse, depuis la découverte de beaux échiquiers à Boukhara. Alors, grâce à la technologie, on télécharge un jeu sur la tablette et hop, c’est parti !
Nous avions également envisagé de faire une balade le long de la rivière,  mais les gros nuages qui se dessinent en altitude nous font jouer la prudence. A la place ce sera Mölky !!
La pluie et l’orage annoncés n’arriveront finalement qu’au cours de la nuit. La résonnance des grosses goutes sur la carrosserie est toujours impressionnante. Et cumulée avec la foudre et le tonnerre, nous ne sommes pas trop rassurés. Heureusement, ça ne dure pas trop longtemps.
 
 
Vendredi 26 mai,
 
Nous retrouvons le soleil ce matin !!!
Nous serions bien restés une journée supplémentaire à Arslanbob mais nous devons nous rapprocher de Bichkek pour (éventuellement) faire nos visas russes. La procédure semble compliquée et longue au Kirghizistan. Car pour faire la demande de visas russe, il nous faut d’abord un visa kirghize (alors que celui-ci n’est pas obligatoire pour les français).Quelle absurdité!!
Nous ne sommes pas sûrs que cette règle s’applique aussi aux visas de transit alors on essaye de joindre par mail ou par téléphone l’ambassade, en vain.
Nous souhaitons donc aller voir sur place mardi prochain pour avoir plus d’infos et peut-être entamer les démarches.
 
Une fois avoir rejoint la route principale Och-Bichkek, nous nous arrêtons déjeuner, toujours dans une gargote. C’est ce qu’il y a de bien en Asie centrale. Les repas sont vraiment bon marché. Comptez environ 1€50 par personne le plat principal. Par contre le choix est mince, et il n’y a pas de dessert. Alors généralement, on se fait une petite glace en remontant dans la Dudumobile.
Sauf que là pas de bol, la bouteille de gaz est vide et le frigo est arrêté. C’est pour qui la glace fondue ???
 
Nous roulons deux bonnes heures cet après midi. Le début n’est pas terrible, que ce soit par la qualité de la route ou la beauté des paysages.
Mais après une demi-heure, tout change. La route est toute neuve et les paysages, magnifiques. Nous remontons la rivière Naryn aux eaux bleu-turquoise.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Elle nous amène des vallées et des gorges bordées de falaises de grès rouge. Cela nous rappelle les Météores en Grèce !

Nous arrivons ensuite au gigantesque lac Toktogoul. Ce réservoir artificiel est né d’un barrage hydro-électrique en 1975. A cette époque il permettait de fournir tout le pays en électricité !
Cela étant il a noyé l’ancienne ville de Toktogoul, et les habitants se sont retrouvés dans une nouvelle ville aux sols peu fertiles !

De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
Le plan était de bivouaquer près du lac et de faire trempette. Je dis bien « était » car à la première tentative d’approche nous nous retrouvons face à une barrière. Nous scrutons donc tous les chemins suivants mais ils sont trop abrupts pour nous.
Nous trouvons finalement un chemin praticable. Mais à mesure que nous descendons nous nous rendons compte que nous n’arriverons pas à mettre le camping-car de niveau au bord du lac. Trop de pente. Pire, le terrain est sablonneux. Et ce qui devait arriver, arriva. A peine avons-nous esquissé une tentative de demi-tour, je sens les roues qui s’enfoncent.
Ca ne sert à rien d’insister.  Je sors les cales pour pratiquer ma technique habituelle mais ça ne suffit pas. Espérons que les plaques de désensablement fassent ce dont on attend d’elles !!
Entre temps, de jeunes kirghizes qui se baignaient arrivent pour me prêter main forte, et nous arrivons à sortir assez facilement. Ouf !! 
 
Après encore quelques dizaines de kilomètres nous dénichons cette fois un chemin moins pentu qui nous conduit près du lac. Mais ici impossible de se baigner.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Samedi 27 mai,


En remontant le sentier, nous vérifions un truc qu’on avait aperçu la veille. Qu’est-ce qui vous étonne sur la photo ?

De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Alors, vous donnez votre langue au chat ??
Mais non vous ne rêvez pas il y a des plants de cannabis un peu partout !!
 
Le début de l’étape d’aujourd’hui commence par le contournement du lac Toktogul. Cela nous mène jusqu’à la ville de … Toktogul justement. Pour le repas du midi, début du ramadan oblige, le choix se limite à des Somsas !! Ils sont balaises les bougres, mais un peu trop gras à notre goût.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

C’est le reproche qu’on peut faire aux plats d’Asie centrale, ils sont beaucoup trop gras. Et cela ce voit sur la morphologie des habitants !! En même temps, ils mangent des glaces, des biscuits et des sodas à toute heure.

Nous faisons également un tour au bazar pour nous réapprovisionner.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
Après Toktogul la route monte inlassablement. Le torrent qui descend des sommets est impressionnant. Nous devons nous arrêté à ce que nous pensons être un poste contrôle de police, mais il s’agit en fait d’un péage ! Le guichetier nous demande 10 $ ce qui est bien plus que ce qu’a donné la voiture devant nous. Avec Céline, en cœur tous les deux nous reprenons : « 10 dollaaars » !!  Nous sommes surpris de devoir payer un tel montant. Et oui, on s’habitue vite au faible coût de la vie ici !! Le pire est que l’on ne sait même pas pourquoi nous payons, entrée dans un parc national ? taxe écologique ?
En premier lieu, nous voulons payer en soms mais après réflexion je vois une bonne opportunité de refourguer nos billets de 1$ que personne ne veut. Le guichetier est dubitatif mais il n’a d’autre choix que d’accepter, surtout que la file de voitures derrière nous commence à s’allonger.
Nous repartons presque heureux de nous être délestés de 10 $, n’importe quoi !!
 
La route continue de grimper et nous passons le col de l’Ala-Bel à 3184 mètres,  puis nous atterrissons dans la verte vallée de Susamyr qui se situe autours de 2300 mètres. Cette vallée entourée de collines arrondis est un lieu prisé de pâturage. Nous y trouvons donc de nombreuses yourtes en bord de route ainsi que des étals de vente de koumiss !!
 
C’est ici que nous planterons notre tente pour les deux prochaines nuits. Enfin, si le vent se calme un peu et si le frigo ne se met pas en erreur.
En tout ca on ne se lasse pas de ces magnifiques paysages !
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Dimanche 28 mai,


C’est la fête des mères !! Alors, à peine Céline descend de la capucine que les enfants se précipitent pour lui offrir les dessins et mots d’amour qu’ils ont confectionnés en cachette (ou en couchette !)

De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
Nous enchaînons notre troisième jour de « pause » de la semaine !! Et ça fait du bien de prendre son temps !! Le p’tit dèj, dehors, au milieu des montagnes c’est top. Et on a bien fait d’en profiter car en fin de matinée un violent orage éclate. Il ne dure pas mais l’air s’est nettement refroidi.
Mais cela ne nous empêche pas de profiter de la journée ! On a même fait péter La bonne paye !!!
 

Lundi 29 mai,
 
Pendant que les enfants font l’école, nous nous repenchons sur nos visas russes. Nous écumons les forums et les blogs pendant plusieurs heures, jusqu’en début d’après midi. Nous arrivons à la conclusion que nous n'irons pas faire notre demande à Bichkek. Il semble indispensable d’avoir des visas kirghizes. La procédure globale sera bien trop longue, et il va nous falloir faire plusieurs aller/retour à Bichkek. Pas envie. Et intellectuellement, cela nous gêne de devoir faire des visas inutiles.
Il semble bien plus facile d’obtenir un visa de transit à Almaty au Kazakhstan. Le seul point qui nous chagrine est que nous devrons rester dans l’incertitude encore plusieurs semaines.
Comme la journée est bien entamée nous décidons de rester une nuit supplémentaire dans cette vallée. Malgré quelques rafales de vent il fait beau, alors nous en profitons pour aller faire une petite balade. Nous avons besoin de nous dégourdir les jambes et de nous aérer l’esprit.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas
La promenade fait du bien à tout le monde, surtout à Pauline qui a un petit coup de blues. Et puis nous prenons la décision d’aller à Almaty dès à présent.  Nous aurons tout le loisir ensuite de revenir au Kirghizstan pour visiter l’est du pays. Mais au moins nous seront rassurés, et nous seront fixés sur les dates d’entrée/sortie en Russie.
 

Mardi 30 mai,
 
Nous quittons la vallée de Susamyr par le col de  Tör-Ashuu à 3 500 mètres d’altitude. La route qui monte en lacets est vraiment très dégradée alors nous roulons tranquillement. La vue sur la vallée est spectaculaire. De tout en haut on a l’impression d’être en avion.
De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Nous franchissons le tunnel qui passe sous le point culminant de la montagne puis nous redescendons la chaîne de l’Alataou kirghiz par un canyon aux parois impressionnantes. La route est un peu meilleure de ce côté ci du col mais compte tenu du nombre de camions, la prudence reste de mise.

De Och à Bichkek, une semaine à petits pas

Nous sommes partit un peu tard ce matin (ou plutôt ce midi). Il est 15h passé lorsque nous quittons enfin la montagne et trouvons la première bourgade. Nous pouvons acheter un peu de pain pour casser la croûte.

Après déjeuner nous faisons le plein d'eau depuis un puit en bordure de route. Nous nous sommes retrouvé en compagnie de plusieurs jeunes kirghizes venus par curiosité. Ils nous ont même aidé un peu et l'un d'eux à offert un joli bouquet de fleurs à Céline ! Une première !


Maintenant direction Bichkek pour passer la nuit avant le passage de la frontière Kazakh demain dans la journée.
Nous trouvons un espace arboré et calme près d’un lac. Malheureusement nous avons la visite de policiers qui souhaitent que nous changions d’emplacement « pour notre sécurité ». Après cette journée de conduite en montagne je suis crevé, alors je laisse Céline parlementer avec les policiers. Malgré son anglais approximatif (mais en progression !), elle s'en tire une nouvelle fois avec succès grâce à ses années de pratique de mines au jeu Time's up. Merci les beaux frères.

Maintenant que les policiers  sont repartis, nous avons bien l’intention de rester où nous sommes. Mais il y a fort à parié qu’ils reviennent dans la soirée. On a l’impression de rejouer notre dernière soirée en Ouzbékistan …
 

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Mat 31/05/2017 22:19

Énorme les brochettes sur cintres !!! Au niveau température vous avez combien ? Vous semblez peu couvert !

Xav 03/06/2017 15:03

On fait ce qu'on peut. Il faut des annees de gesprocet pour en arriver à ce niveau de debrouillardise ! LOL
Bah la température varie considérablement avec l'altitude. Mais effectivement on a généralement des belles journées avec 25-30° parfois plus. Et la température redescend bien la nuit. En haute altitude on a remis le chauffage une fois ou deux.

Manu 31/05/2017 16:03

Toujours aussi agréable de suivre vos aventures bonne chance pour la suite