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= DUDU Express =

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Un tour d'Eurasie express pour la famille Dudu en camping-car

La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan

Mercredi 17 mai, en fin d’après midi, nous roulons vers Fergana. Alors que nous cherchons un endroit pour dormir, nous arrivons à un grand poste de contrôle. La file d’attente est assez longue, surtout que les ouzbèks essayent de gruger par tous les moyens.

La vaste vallée de Fergana, très fertile, est la région la plus densément peuplée et la plus industrialisée d’Ouzbékistan. On y fait pousser presque exclusivement  le coton. C’est aussi le centre de production de la soie en Asie centrale. Cette région est aussi un bastion de révolte politique et religieux. C’est d’ailleurs pour cela que les soviétiques y ont redessiné les frontières entre l’Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan.  Diviser pour mieux régner !! Pour ce faire, on a l’impression qu’ils ont prit la carte et qu’ils l’on chiffonnée.
De fait cette vallée est toujours restée sous étroite surveillance policière, et cela devrait perdurer compte tenu de l’accroissement du trafic d’héroïne provenant d’Afghanistan.
Pour nous cela se traduit par un enregistrement des passeports à chaque poste de contrôle.
 
Ce premier poste de contrôle franchit, nous entamons l’ascension du massif des Tian Shan. Il nous est maintenant impossible de nous arrêter. Nous sommes contraints de suivre la route pour passer le col de Kamtchik et de redescendre jusqu'à l’entrée dans la vallée. Avec le trafic, la mauvaise qualité de route et la nuit, il nous faut bien 2h pour y arriver. Nous aurions nettement préféré faire ça de jour. Cela aurait été moins dangereux et nous aurions pu apprécier la vue.
Dès que le terrain s’aplanit, nous nous engageons dans des petites rues pour trouver un coin tranquille.
 
 
Jeudi 18 mai ,
 
Une fois le jour levé nous découvrons notre lieu de bivouac, c’est plutôt pas mal.
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
Nous observons quelques écoliers curieux qui nous regardent avec étonnement. Au moment de partir, le monsieur de la maison d’â côté vient nous inviter chez lui. Mais nous préférons refuser car la route est encore longue jusqu’à la frontière et en Ouzbékistan, on ne peut pas faire d’estimation des temps de trajet.
Et il pleut aujourd’hui !! On n’avait pas vu de pluie depuis l’Iran et notre séjour chez Ali et tous ses amis.
 
Au cours de la matinée, nous faisons le plein de gaz (aucun problème d’adaptateur ici) et de gasoil.  Mais même quand on trouve une station approvisionnée, le remplissage est toujours délicat. Il faut estimer à l’avance le volume de carburant qu’il nous faut. Cette fois avec Céline nous nous sommes mal compris et le réservoir déborde !! Il faut faire signe au caissier d’arrêter la pompe.
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan

La vallée de Fergana illustre bien le mode de vie très agricole des ouzbèkes, qui a été imposé par les soviétiques. Il y a des champs à perte de vue. C’est impressionnant le nombre de femmes qui travaillent dans les champs. On les voit souvent à genou par dizaines en train de planter les jeunes pousses ou en train de désherber. Et ce jusqu’à la tombé de la nuit. Le faible revenu des fermes est un frein à l’investissement en matériel agricole. D’ailleurs, le travail forcé se pratique encore ici !! Notamment l’automne lors de la récolte du coton. Et malheureusement les enfants ne sont pas épargnés.

La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan

Nous nous arrêtons dans une gargote de bord de route pour déjeuner. En nous voyant arriver, les cuisinières nous font des grands signes pour qu’on vienne s’installer. Il y a une grande terrasse couverte et dans un coin, les femmes font la popote. Comme nous ne comprenons pas bien les plats, elles nous les font voir, et même gouter !! Génial !!

La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan

Je choisi une shorpa, comprenez une soupe. Celle-ci est comme un pot au feu avec son bouillon. Pauline et Simon ont un faible pour les chahliks. Et Céline prend une sorte soupe à base de bœuf bouilli et d’haricot blanc. Mais on n’a pas retenu le nom.
Avec tout ça on a quelques accompagnements : plov, crudités, pain et divers sauces.

La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan

Tout est délicieux, l’ambiance et l’accueil sont excellents. Notre meilleur resto depuis le début !!
On se permet même d’observer les cuistots à l’œuvre. La cuisson des chachliks est exclusivement une affaire d’hommes. Les femmes utilisent de grandes poêles, style wok, posées sur des cuisinières à bois.

La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan

Au cours de l’après midi, les retrouvailles avec la 3G nous conduisent à nous arrêter dans un petit village. Nous devons mettre à jour le blog, préparer notre passage au Kirghizstan, et envoyer des mails aux consulats russes de Bichkek et Almaty.
Cela prend pas mal de temps et nous attirons la curiosité des villageois. Céline passe son temps, à discuter avec nos visiteurs, à leur expliquer notre voyage. Un monsieur nous offre du pain et veut nous inviter chez lui pour manger du plov. Il y a des médecins qui veulent prendre des photos avec nous. Et même une prof de français qui vient discuter avec nous.
Mais à la fin, on est entouré d’enfants et ils commencent à faire n’importe quoi, comme monter sur le capot par exemple. Il est temps de partir.
 

La vallée de Fergana, clap de fin sur l'Ouzbékistan
Nous arrivons en fin d’après midi à Andijan où nous trouvons un supermarché pour « claquer » nos derniers soums. Alors là on se lache : viande, céréales pour les enfants, fromage, gâteaux en tout genre et même des bananes !!!
 
La nuit commence à tombée lorsque que nous quittons la ville par un énième poste de contrôle. Nous en avons eu encore 4 ou 5 dans la journée. Et à chaque fois il faut descendre du véhicule pour faire enregistrer nos passeports. C’est toujours Céline qui s’y colle et elle est passée maître en la matière. Céline qui parle de foot en russe, c’était pourtant improbable !!
En effet à chaque checkpoint, dès que les policiers se rendent compte qu’on est « Frantsous », ils énumèrent les joueurs de l’équipe de France. Zidane et Griezman on la côte ici !! Ligue des champions oblige !!
 
Nous préférons attendre demain pour passer la frontière alors nous cherchons un bivouac et pour notre dernière nuit en Ouzbékistan, c’est pas simple. Nous avons pourtant trouvé un coin dans une ruelle calme. Après avoir difficilement expliqué notre intension aux habitants du quartier, nous nous installons tranquillement devant un film. Mais malheureusement, en plein milieu du film, on toque à la porte. L’ouzbèk avec qui j’avais échangé un peu plus tôt est revenu avec des policiers !! Géniaaaaal !!!! Et voilà c’est reparti, nous ne sommes pas en sécurité ici, bla bla bla. L’ouzbèk nous propose de nous stationner devant chez lui un peu plus loin. Je pars à pied en éclaireur.
Je ne vois pas en quoi nous serions plus en sécurité ici mais bon. Nous n’avons pas envie de nous éterniser sur l’affaire. Les policiers me ramènent en voiture au camping-car pour m’évité de marcher. Le tour dans une voiture de police ouzbèke, ça c’est fait.
Puis on déplace le camping-car. Cette fois ci la conduite de gaz est un peu trop basse et l’ouzbèk est obligé de la soulever avec une perche !!
A oui parce que j’avais oublié de vous dire. Les ouzbèks ne s’embêtent pas à enterrer les tuyaux. Les conduites longent les routes ou les traversent à 4 mètres de hauteur !!
 
Il est l’heure pour nous de dresser le bilan de notre parcours en Ouzbékistan, et le constat est mitigé. Si nous avons grandement apprécié l’hospitalité des habitants, les belles villes de la route de la soie et la cuisine, nous ne pouvons écarter les galères quotidiennes qu’implique le voyage en autonomie ici.
Les routes pourries, le change de l’argent au noir, la pénurie de gasoil, l’obligation de s’enregistrer auprès des hôtels, les postes de contrôle à répétition. L’eau aussi est plus difficile à trouver. Et même les poubelles, quasiment absentes.
Tout est compliqué ! Et si on ajoute à cela la chaleur, la poussière, et notre échec de visa russe, disons que la balance penche du côté du négatif.
L’Ouzbékistan est un super pays à visiter mais de préférence en voyage organisé. Ou en tout cas sans véhicule et en dormant dans des hôtels.
 
Demain nous entrons au Kirghizistan, une destination pleine de promesses.

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Annick CUMUNEL 25/05/2017 11:57

un petit bonjour de Bretagne d'ou nous suivons vos aventures avec intérêt.C'est vraiment dommage que vous n'ayez pas trop apprécié l' Ouzbekistan. Nous pensons que c'est effectivement lié à votre mode de transport et à la chaleur.Nous y sommes allés 2 fois et nous avons adoré.Nous étions en indépendant et logions en chambre d'hôte .ça se fait facilement mais il est vrai que Youenn se débrouille en russe.ça aide un peu!!On croise les doigts pour que vous ayez vos visas pour la Russie. Bonne route et à bientôt. Annick et Youenn

Jc 25/05/2017 07:36

C est quand meme genial votre aventure je me regale a chaque fois

Mat 24/05/2017 22:05

Les plats que vous mangez donnent vraiment envie ! Si en plus la cuisine est préparée sous vos yeux, c'est royal !

Espérons que le Kirghizistan vous épargne les complications ! Encore un pays qui m'est totalement inconnu.

manu 24/05/2017 13:07

Oui effectivement votre aventure ouzbèke fut assez mouvementée et vous avez perdu beaucoup de temps avec vos histoires de visas en tout cas effectivement les gens semblent super sympathiques et abordables

Bon courage à vous pour la suite