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= DUDU Express =

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Un tour d'Eurasie express pour la famille Dudu en camping-car

Prise de tête à Tachkent

Lundi 15 mai
 
Nous avons la chance de pouvoir observer de près les petits rongeurs que nous avions vu dans le désert de Kyzylkoum. Nous pensons qu’il s’agit de chiens de prairie finalement. Il y en a plein autours de nous, leurs terriers ne doivent pas être loin.
On s’éclate à les regarder faire le guet ou se battre pour s’amuser. Il y a aussi un ânon fougueux qui vient nous faire coucou de temps en temps. Et quand il nous voit il repart en bondissant !! Excellent.
Prise de tête à Tachkent
Prise de tête à Tachkent
Prise de tête à Tachkent

Malheureusement nous ne pouvons pas rester ici à observer les animaux toute la journée. Nous devons rejoindre Tachkent pour préparer notre dossier de demande de visas.


Au cours de la matinée, j’essaye encore de joindre l’ambassade car je n’ai toujours de réponse au mail que je leur ai on envoyé jeudi. C’est vraiment gonflant. Quand envoie des mails, ils nous répondent qu’il faut téléphoner, et quand on téléphone (et qu’on a la chance d’avoir un interlocuteur anglophone !)  on nous demande d’écrire nos questions par mail. C’est n’importe quoi. Après plusieurs tentatives j’arrive à joindre quelqu’un mais comme la personne ne parle pas anglais, elle raccroche, encore une fois. Pourtant nous n’avons qu’une seule question : Pouvons-nous payer en soums ou uniquement en dollars. D’après ce qu’on trouve sur les forums il était encore possible de payer en soums jusqu’à fin 2016, mais plus maintenant.
Evidemment nous préférions en soums. Ainsi les 120 $ par personne qu’on nous demande pour une procédure urgente de  3 jours,  équivaudrait à 57 $ avec des soums du marché noir !!
Sur les conseils de Céline, j’essaye de trouver un passant qui parle anglais pour qu’il puisse poser la question en russe au service des visas. Mais la seule personne que je trouve ne veut pas nous aider !!

En dernier recours nous contactons Sanjar, l’ami-guide des français qui travaillent à Moscou, qu’on avait rencontré à Khiva.
D’après lui, depuis le 1er janvier 2017, en Ouzbékistan, toutes les transactions administratives et les hôtels doivent être payés en dollar. Bon, le doute subsiste malgré tout car l’ambassade est russe et non ouzbèke.

Nous avons encore deux incertitudes sur notre dossier de demande. Certains voyageurs rapportent que l’ambassade n’accepte que les lettres d’invitation délivrées par une agence ouzbèke. Mais à 120 $ la lettre, nous avons pris le risque de faire appel à une agence franco-russe qui ne nous a demandé que 90 €. L’autre problème est que l’ambassade peut exiger que les lettres soient des originales (comprenez, qu’elles nous ont été envoyées par la poste).

Prise de tête à Tachkent
Alors une fois arrivé à Tachkent un peu avant 13h, nous nous dirigeons directement à l’ambassade russe. Je fais le tour du grand bâtiment pour trouver l’entrée et lorsque j’arrive on me dit que c’est la pause déjeuner, alors que réellement il reste encore 10 minutes avant la fermeture. Nous sommes bons pour rester manger ici, en plein soleil, et la température est toujours aussi élevée !!

A 14h pétante je retourne à l’ambassade. Le bureau des visas est fermé le lundi mais le monsieur de l’accueil m’indique que le paiement doit se faire en dollar. Zut ! 
Comme nous n’avons plus assez de monnaie de l’oncle Sam, il nous faut maintenant trouver un distributeur de dollar ! Notre guide nous indique une banque pas trop loin, on y va. La malchance continue. La pause déjeuner dure jusqu’à 15h dans cette banque et nous devons attendre un bon quart d’heure avant de pouvoir rentrer. Il n’y a pas de distributeur comme on pensait mais la banque fait une avance sur carte (comme à Ourguentch). Et pour finir, notre carte Mastercard ne fonctionne pas, et bien sûr la banque ne prend par les cartes Visa !!
 
2ème solution, trouver un hôtel de luxe qui a un distributeur. On traverse une partie de la ville pour en trouver un. Il y a deux distributeurs dans le hall, un pour Mastercard et un pour Visa, là on devrait s’en sortir. On commence par essayer la carte Mastercard qui nous engendre le moins de frais. Elle ne fonctionne pas !! Espérons que la banque ne nous ait pas bloqué la carte !! La carte Visa fonctionne mais ce distributeur ne permet de retirer que 100 $ à la fois. Quand on sait que la banque prend une commission fixe sur chaque transaction, la note risque d’être salée. Mais nous n’avons pas le choix !!!
 
Dernière étape de notre jeu de piste de l’après midi. Trouver une boutique pour imprimer nos formulaires de demande de visa et nos lettres d’invitation. Nous avons glané une adresse sur les forums. Après avoir tourné un peu on trouve la boutique de réparation d’ordinateur. Nous devons faire des impressions de qualité mais l’imprimante laser de la boutique ne fait que le noir et blanc. On essaye une impression couleur jet d’encre mais ça ne le fait pas. On ne repart qu’avec les impressions des formulaires de demande de visa. Les gars de la boutique nous orientent vers un autre lieu.
Il s’agit d’une boutique de photographe. Il y a des grosses imprimantes partout, nous sommes confiants !  Erreur, ils ne peuvent nous proposer qu’une impression jet d’encre. La qualité est un peu meilleure que dans l’autre boutique mais ça fait pas « originale ». Mais après réflexion, de toute façon, même en laser, je ne vois pas comment un tampon pourrait paraître original. Nous verrons bien demain s’ils acceptent notre dossier, gloups !!
 
Après cet après midi épuisant et toujours baigné d’incertitude, nous retournons nous stationner près de l’ambassade. Le service des visas ouvre à 10h. La pression monte.
 
 
Mardi 16 mai,
 
Céline a très mal dormi. Moi ça va. De toute façon je ne me fais que très peu d’illusion.
A 9h30 nous nous présentons à l’ambassade. C’est un peu le bazar, il y a deux files d’attente à même la rue. Certains services de l’ambassade sont déjà ouverts, alors que nous devons encore attendre une demi-heure. Nous ne savons pas si nous devons nous engager dans la file ou attendre  l’écart. Nous tombons sur un anglophone qui attend aussi pour des visas. Avec son accent à couper au couteau, pas de doute, c’est un américain. Il bosse ici depuis août et devrait y rester 3 ans.
Avez-vous déjà remarqué que l’attente est moins pesante quand on arrive à sympathiser avec quelqu’un qui attend aussi ? Ce n’est pas la première fois que j’ai cette sensation. Sauf que là, l’américain nous confirme que les employés de l’ambassade sont pointilleux envers l’originalité des documents. On est mal.
A l’approche de 10h, on s’engage dans la file, mais c’est l’anarchie, certaines personnes nous passent devant. On est en plein soleil. Et même passé 10h on n’avance pas. Les gens rentrent au compte goutte et c’est long.
 
Aller, enfin c’est notre tour, nous rentrons dans le sas (la où je suis allé hier pour poser mes questions). Le guichetier vérifie notre identité et notre dossier puis nous laisse entrer. A l’intérieur nous retrouvons l’américain qui est aux prises avec la fille du bureau des visas. Et on entend « This is not an original, we need an original ». Bref, on est vraiment mal !!!
L’américain essaye de négocier un long moment. Nous sommes rejoints dans la file par un monsieur qui nous souhaite le « bonjour ». Un vrai bonjour en français ! C’est en réalité un de nos voisins belge. Il bosse ici depuis longtemps et il nous confirme la mauvaise réputation des cette ambassade, inflexible !!! Pourtant il nous raconte avoir rencontré la dame du guichet lors d’une fête de la gastronomie à Tachkent où ils faisaient des gaufres liégeoises !! La dame est à priori très sympathique en dehors du boulot, mais là, ça ne rigole pas.
L’américain finit par laisser tomber, il est en rogne, il jure tout ce qu’il peut !! Ca nous fait de la peine. C’est notre tour, la dame du guichet a été remplacée par une autre, peut être que la chance tourne. Nous mettons bien les enfants en avant, sait-on jamais, ça peut jouer en notre faveur !!
Elle regarde les pièces du dossier, et s’arrête longuement sur la lettre d’invitation, tout cela sans expression. Elle la pose. On croit en nos chances. Malheureusement comme le belge l’avait pressenti, lorsque cette guichetière a un doute, elle appelle l’autre. Et ça ne loupe pas, nous avons besoin de l’originale. On négocie comme des forcenés. Avec notre carte d’itinéraire à l’appui, on explique qu’on est sur la route et qu’on ne pouvait pas avoir d’original. Qu’on a demandé des infos par mail, sans réponse. Et tout et tout. Au final, la dame nous demande de patienter sur le côté, un diplomate va nous recevoir. Vous aussi, vous voyez cette lueur d’espoir ?
 
On attend longtemps le diplomate, c’est un géant de plus de deux mètres !! Nous avons du mal à comprendre son anglais russifié. Mais il semble que nous soyons dans une impasse, il nous faut ce foutu « original ». Je pense qu’il y a eu trop de fraude, trop de touristes qui ont fait des faux. Et nous payons les pots cassés. Il faudrait que les russes fonctionnent comme les iraniens, avec un n° d’autorisation et non une lettre d’invitation. La différence, c’est que les agences iraniennes entament les démarches de demande de visas pour nous. Le numéro est transmis à l’ambassade de notre choix et nous n’avons plus qu’à fournir les pièces pour compléter le dossier.
Le diplomate nous explique que nous devons faire venir les lettres d’invitation par DHL ou UPS. A l’heure d’Internet, je trouve ça désolant. Alors nous insistons encore et encore. Il regarde les textes en russe de longues minutes et finit par nous dire qu’il risque d’aller en prison s’il accepte notre dossier. Mon cul !!!
Il nous dit qu’en plus, il semble que nous ne pouvons pas faire de demande en express !! C’est réservé aux Ouzbèks. N’importe quoi !! La procédure normale pouvant aller jusqu’à 20 jours ouvrés, nous devons renoncer à demander nos visas ici.
 
Notre seul espoir maintenant semble être à Almaty au Kazakhstan, mais nous ne pourrons sans doute que demander un visa de transit car il faut être résident depuis plus de 3 mois pour le visa de tourisme. En même temps, après tout ce temps perdu, plus les 90 € de lettre d’invitation, nous n’avons plus vraiment à cœur de visiter la Russie !!
 
Nous rejoignons le camping-car, dépités. Pour nous requinquer et ne pas gâcher l’après midi, nous essayons de trouver un resto dans le coin. Nous atterrissons dans un boui-boui qui vend des somsas à même le trottoir. Nous avons le choix entre viande de bœuf ou pomme de terre. Nous en achetons un de chaque par personne et nous installons sur une des tables disposées dans une sorte de hangar. Pour la boisson, il faut aller se l’acheter dans le supermarché en face.
A 3 000 soums le repas par personne, soit 35 centimes, on aurait eu tort de se priver !!
Prise de tête à Tachkent
Prise de tête à Tachkent

Et pour décompresser complètement, direction Aqualand !!! Ce petit parc aquatique est vraiment sympa. Il y a des toboggans pour tous, des piscines, un grand jacuzzi. Après des journées de routes merdiques, de marches sous le soleil et de galères administratives, ça nous fait un bien fou !!

Prise de tête à Tachkent
Prise de tête à Tachkent
Prise de tête à Tachkent
Prise de tête à Tachkent
Prise de tête à Tachkent
Seul hic au tableau, Simon, en sortant du jaccuzzi, se coupe sous le pied. Ca pisse le sang !!! Un ouzbèk, plus costaud que moi, et plus rapide je l’avoue, embarque Simon et part avec Céline à l’infirmerie. Simon revient avec un pansement au pied.  Vada niet !  Fini la baignade ! De toute façon, le parc va bientôt fermer et on aperçoit un orage qui se prépare.

En soirée nous avons la visite d’une dame avec ses enfants. On voit bien que la famille ne roule pas sur l’or. Après avoir fait visiter notre Dudumobil, nous leur offrons quelques cadeaux. Notamment un sac d’école Star Wars donné par Clairefontaine. Le jeune garçon a le sourire jusqu’aux oreilles. Ca fait vraiment plaisir !!
L’orage arrive, il commence à pleuvoir quelques gouttes. Branle bas de combat, on ferme toutes les fenêtres et puis, c’est tout. Dommage, c’est pas ça qui va refroidir l’atmosphère.
 
 
Mercredi 17 mai,
 
Notre idée, pour la suite de notre programme en l’Ouzbékistan, était d’aller passer quelques jours près du lac Tchorvok, dans les monts Tchatkal. Une petite pause bien méritée en attendant nos visas russes. Malheureusement l’ambassade en a décidé autrement. Alors maintenant cap sur la vallée de Fergana pour rejoindre le Kirghizistan au plus vite, raz le bol de l’Ouzbékistan.
Nous consacrons donc notre matinée en logistique pour préparer notre prochaine étape. Plein d’eau, courses dans un vrai supermarché, pression des pneus, … Mais avant de quitter Tachkent, il nous faut trouver un hôtel pour nous enregistrer. Que de temps perdu encore, le réceptionniste de l’hôtel où nous nous rendons ne parle que très peu anglais. Alors il appelle son patron au téléphone. Le patron n’est pas sur de pouvoir nous enregistrer car nous avons des trous dans nos dates (car nous enregistrons tous les 3 jours en gros). Il préfère donc se renseigner auprès de l’OVIR.
 
En attendant nous partons déjeuner à la pizzeria « moscovite » tout proche. Les murs sont décorés avec des photos de la capitale russe. Super !!! Ce sont peut être les seules images que nous en aurons !!!
Pour une fois, nous ne mangerons par local. Ce sera, pizza, burger et wrap !
 
Nous retournons à l’hôtel, mais nous devrons encore patienter avant de prendre la route. Après appel de l’OVIR le gérant veut vérifier nos documents relatifs au camping-car. Nous occupons nos deux heures d’attente en travail scolaire, en blog et lecture. Nous profitons aussi de la table de ping-pong de l’hôtel.
Une fois le gérant arrivé, ça va vite, il nous fait nos enregistrements et en 20 minutes nous pouvons y aller.
A la sortie de Tachkent, nous nous arrêtons dans une station service avec écrit en gros « Dizil ». Cette fois nous espérons pouvons faire le plein sans trop galérer. Mais non, il n’y en a pas. Pff ! Encore du temps perdu pour rien.
 
Allez maintenant il faut rouler !! Nous traçons notre chemin en direction la vallée de Fergana.

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Mat 24/05/2017 21:58

Et beh quel périple ! C'est quand même assez fou ce système d'invitation. Je ne vois pas vraiment en quoi cela sécurise la procédure en plus. Bon courage à vous en tout cas !

manu 23/05/2017 14:48

Et bien moi qui croyait que la France était la champion du monde de l'administration tatillonne et bornée je vois que la vous êtes tombés sur du lourd!!!!

Bonne chance à vous et gros bisoous

Untouracinq 23/05/2017 13:11

Ahahah g l'impression de me relire ! Du coup on avait expedié en 2 petits jours la vallee de fergana. Vous allez voir les controles de police tous les 50 km c sympa aussi ;) pour le krighistan, je vous recommande chaudement de descendre vers sary tach... paysages incroyables !!
Bises des untouracinq

Xav 23/05/2017 14:43

Et oui malheureusement. J'aurai préféré une autre fin. Le pire c'est qu'en novembre ça passait! On est déjà au Kirghizistan, j'ai pris du retard sur le blog ! On vient de redescendre de Sary Tach, quelles vallées exceptionnelles ! Maintenant direction Arslanbob.

christelle 23/05/2017 13:04

vous allez finir par rester coincés là bas! quelle avanture!