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= DUDU Express =

= DUDU Express =

Un tour d'Eurasie express pour la famille Dudu en camping-car

Samarcande

Vendredi 12 mai,
 
Ce matin nous avons un problème sur le camping-car. La pompe à eau se déclenche par intermittence alors que personne n’utilise d’eau. Soit c’est la pompe qui déconne, soit il y a une fuite quelque part. Je vérifie quand même la sécurité antigel du ballon d’eau chaude mais ça ne vient pas de là. Après avoir fait le tour du camping-car je remarque que de l’eau sort par un tuyau sous le camping-car. C’est le tuyau du trop plein d’eau du ballon d’eau chaude. Etrange, ça goute sans cesse.
Après une recherche rapide sur Internet, cela semble venir du clapet de surpression. La pièce se change et n’est pas chère, mais impossible de la trouver Ici. Bon a priori tant qu’on ne fait pas chauffer l’eau on peut boucher le tuyau. Sauf que je n’ai pas de collier de la bonne taille. Je vais demander aux gérants de la plage mais ils n’en ont pas non plus.
Seule solution, récupérer le collier du clapet anti-retour qui se trouve dans le 2ème réservoir d’eau. Me voilà reparti sous le CC où je me prends plein de flotte sur la gueule !! :-D.
Je récupère le collier et le clapet anti-retour mais malheureusement, le tuyau du trop plein est trop fin et je ne peux pas fixer le clapet anti-retour dessus. Nous n’avons pour l’instant d’autre choix que de couper la pompe. Au moins l’eau s’arrête de couler au bout d’un moment. Mais à chaque fois qu’on aura besoin d’eau et qu’on rallumera la pompe, le trop plein coulera. Déjà que notre réserve est limitée, si on en gaspille ainsi, il faudra faire le plein encore plus souvent !! :-(
 
Avant de quitter le lac, nous remplissons justement les réservoirs d’eau. Les gérants toujours aux petits soins me filent un coup de main. Nous disons également au revoir au vieux monsieur que nous avons rencontré le premier soir. Il nous parle de littérature française, de Victor Hugo et de Guy de Maupassant. Il connait quelques mots de français et s’amuse à les répéter. Un vrai petit clown !
Pour rejoindre Samarcande il me conseille un itinéraire différent du GPS. Au lieu de reprendre la route défoncée qu’on a prise pour venir et qui rejoint la route principale, il me propose de contourner le lac par l’autre côté.
Et bien lui en a pris. Même si la route n’est pas un billard, elle est pas mal du tout. On arrive à monter à 90 parfois !!! WOuhou !!! En Ouzbékistan il faut parfois savoir prendre les routes secondaires pour aller plus vite !!
 
L’objectif principal de la matinée est de récupérer le réseau 3G, nous avons longuement réfléchi à la suite du programme et il faut qu’on demande en urgence notre lettre d’invitation pour la Russie. L’agence a besoin d’un délai de 24h mais nous avions zappé que le week-end approchait. Il nous faut impérativement les invitations lundi midi pour pouvoir les imprimer l’après midi avant d’aller à l’ambassade russe mardi matin. Ca va être juste. J’ai déjà envoyé hier soir tous les informations par mail, avec ma connexion bas débit, mais il nous reste deux choses à faire : faire figurer l’agence « Russie autrement » en tant que partenaire sur le blog (nous bénéficierons de cette façon d’une invitation gratuite) ; et payer les 3 autres invitations.
Nous nous arrêtons sur le bord de la route à plusieurs reprises mais le réseau est fuyant et ça ne fonctionne pas. Un ouzbèke s’est même arrêté pour savoir si nous avions un problème.
 
A un moment on rencontre 3 enfants d’environ à 7 ans qui font du stop pour rentrer de l’école. Le stop est hyper utilisé ici. Il y a des autostoppeurs partout. Mais des enfants seuls c’est bien la première fois qu’on en voit. On n’a jamais pris d’autostoppeur en Ouzbékistan. D’une, on a des difficultés à communiquer, et de deux, il y a souvent beaucoup de trafic où les gens font du stop alors ils sont pris rapidement.
Mais là, il y a peu de passage et on se voit mal laisser les enfants rentrer à pied. Alors on s’arrête et on les embarque. Ils sont super timides. Nous ne savons même pas où ils veulent aller. De toute façon, il n’y a qu’une route, il suffit de la suivre, ils se manifesteront bien à un moment. On passe plusieurs croissements et je leur demande si je dois continuer mais ils restent impassibles. Bon.
Finalement après 5 bonnes minutes, ils disent quelques choses. Ah je crois qu’ils sont arrivés. Bon et bien au revoir les enfants !!
C’est dingue ça, faire du stop à cet âge !! J’imagine que c’était pareil chez nous à une époque.
 
A l’approche de Navoiy, on commence à revoir du relief. Depuis la descente de la frontière Irano-Turkmène, c’est plat de chez plat !!! Et après le passage d’un petit sommet, ça y est, on capte la 3G.
Nous pouvons continuer nos démarches pour les lettres d’invitation. Ca prend pas mal de temps alors on reste déjeuner sur le bord de route. Et bonne nouvelle, le ballon d’eau chaude ne fuit plus.
Nous bénéficions de temps en temps de quelques coups de klaxons amicaux ! Il y a même un micro-bus qui s’est arrêté pour nous demander si on voulait du Plov. Le Plov est le plat national en Ouzbékistan et peut être aussi dans les autres pays d’Asie centrale. Tout le monde mange du Plov et très souvent. Nous en avons gouté à Khiva et c’est plutôt bon. Mais là nous sommes en train de déguster une glace alors, le plov, ça sera pour une autre fois.
 
Juste après le déjeuner nous avons l’agréable surprise de recevoir nos lettres d’invitation par mail. Ils n’ont pas trainé à l’agence de St Petersbourg. Cela nous permet d’enchainer directement sur le remplissage du formulaire de demande de visa en ligne.
 
Avec toutes ces démarches administratives nous  ne reprenons la route qu’en milieu d’après midi. Il nous est impossible de rallier Samarcande aujourd’hui alors nous bifurquons sur une petite route sans issue qui doit déboucher sur une rivière.
La route se transforme en chemin cabossé et au bout du chemin, nous tombons sur un élevage d’apiculteur. Les ruches sont disposées sur des grandes remorques et les abeilles virevoltent par milliers.
Samarcande

Nous ne tentons pas d’aller plus loin et nous nous stationnons à l’ombre sur le bord du chemin. Dans ce coin de verdure, la sensation de frais est appréciée de tous.

Quelques minutes après notre arrêt, les apiculteurs viennent à notre rencontre. Après leur avoir raconté notre voyage et fait voir le camping-car, il essaye de nous expliquer des choses que nous ne comprends pas. Ils finissent par me faire signe de les suivre, mais je me demande où il m’emmène. Céline pense qu’ils veulent m’offrir à boire !!!
On passe devant les ruches et le chemin continu. Nous arrivons finalement sur le bord de la rivière où il y a un bac artisanal sur lequel ils me font monter. Le bac est en fait une sorte de radeau accroché à un câble par une poulie. Il possède un dériveur qui permet de choisir le sens de déplacement. C’est vraiment curieux, on se déplace latéralement sur l’eau pour rejoindre l’autre berge. Arrivé de l’autre côté, nous repartons ensuite dans l’autre sens.
Je voulais proposer à Simon de m’accompagner mais ne sachant pas où j’allais je ne l’ai pas fait. Et je le regrette, il aurait adoré faire un tour de bac.
Mes compagnons me raccompagnent au camping-car et je les salut chaleureusement. A peine arrivé, je propose à Simon d’aller voir le bac. Et j’ai bien fait car le monsieur qui le manœuvre est tout content de nous proposer un nouveau tour !! Simon est ravi !!
Samarcande
Samarcande
Samarcande
Au cours de la soirée nous avons de nouveau la visite des apiculteurs qui viennent nous offrir un pain. Décidément, que de générosité chez les Ouzbèks. Il faut savoir que le pain est sacré ici.
Alors en offrir un à des étrangers est lourd de sens.
 
 
Samedi 13 mai,
 
La route est encore longue jusqu’à Samarcande, et pas toujours de qualité. Avec tous ces trous et ces bosses, pas facile pour les enfants de faire leur travail d’école !
Nous avons la joie de retrouver le car de touristes français que nous avions vu à l’Ayaz Qala. Selon l’état des portions de route, nous allons plus ou moins vite qu’eux, alors on se double à plusieurs reprises. Alors on se renvoie des coucous par la fenêtre. Lol.
Nous arrivons à Samarcande en milieu d’après midi. Nous tombons sur le bazar et en profitons pour faire quelques achats. Encore une fois, on s’y perd et la journée est encore chaude aujourd’hui.
Samarcande
Samarcande
Nous goutons pour la première fois du Kurut. Ce sont des boules de yaourt séchés dont les Ouzbèks rafollent. Ca a un goût de fromage assez fort, Céline a faillit recracher le sien ! J’ai aussi goûté le Kurut fumé, mais c’est too mutch pour moi ! Nous prenons malgré tout un sachet pour faire en faire goûter aux enfants qui sont restés dans la Dudumobile.
Un peu plus loin nous entrons dans un petit magasin spécialisé en charcuterie et fromage. Les Ouzbèk, comme dans beaucoup de pays qu’on a traversés, ont un grand choix de saucisson de type cervelas. On s’en sert un peu comme du jambon étant donné que, religion musulmane oblige, ici il n’y en a pas.
Est-ce parce que le magasin est climatisé, mais nous restons un moment dans cette boutique ?
De retour au camping-car nous pouvons rejoindre notre lieu de stationnement pour la nuit qui se trouve au cœur de la ville. Il s’agit du parking des bus, juste à côté du Registan !
Samarcande
Le parking est bien rempli mais nous trouvons une place au bord de la pelouse. C’est parfait. Nous sommes heureux de trouver de la verdure à Samarcande car il n’y en a presque pas à Khiva et Boukhara. Comme il est encore tôt, nous pouvons passer la fin d’après midi sur l’herbe à jouer au Uno. Et à l’heure où le soleil commence à descendre et la température aussi, nous allons visiter le Registan, la célèbre place de Samarcande.
 
Samarcade est une cité très ancienne, elle daterait du 5e siècle avant JC. Idéalement située aux carrefours des routes de l’Inde, de la Perse, de la Chine, elle est depuis longtemps un lieu de commerce et d’artisanat. Elle a changé de main au gré des conquêtes et fut rasé par Gengis Khan en 1220.
Après la mort de Gengis Khan et le morcellement de l’empire mongol, c’est Tamerlan, un tyran sanguinaire, qui régna sur l’Asie centrale. Il fit renaitre Samarcande et la déclara capitale de son empire. Il y concentra tous les érudits et fit venir tous les artisans de ses conquêtes qui œuvrèrent à embellir la ville. C’est à cette époque qu’est née l’architecture Timouride dont les coupoles bleu-turquoise constituent la principale caractéristique
Le Registan était la place centrale de la ville au moyen âge. Cet ensemble de 3 madrasa imposantes est le joyau de la ville.
 
Nous n’avons qu’à traverser le petit parc pour nous rendre sur la place. Nous suivons un groupe de touristes italiens et nous accédons au Registan par un portillon gardé par un policier. Le périmètre est sécurisé ! Une fois entrés sur la place nous constatons que le policier ferme le portillon et empêche d’autres visiteurs d’entrer. Après vérification, il semble que l’accès à la place soit payant. Oups, devons nous parler italien pendant la visite !
 
La place est majestueuse et nous visitons les madrasa une à une. Cela étant, elles ressemblent beaucoup à ce qu’on a déjà visiteé dans les autres villes de la route de la soie. Peut-être sommes nous en overdose !! Mais c’est quand même très beau, notamment la mosquée de la madrasa Tilla Kari dont les murs et la coupole sont couverts d’or.
Samarcande
Samarcande
Samarcande
Samarcande
Samarcande
Samarcande
Nous sortons finalement de la place par son entrée principale et on découvre effectivement un guichet. Les prix ainsi affichés sont: 1$ pour les locaux et 7$ pour les touristes. Compte tenue du fait qu’on peut admirer la place gratuitement depuis l’esplanade, nous sommes assez satisfaits de ne pas avoir payé pour visiter uniquement les madrasas. Mais chut, faut pas le dire …
Nous rentons au camping-car où nous passons une soirée un peu tendue. Malgré l’hospitalité des gens, l’Ouzbékistan est un pays usant pour les voyageurs indépendants. Nous enchainons des grosses journées et nos nerfs sont mis à rude épreuve. Ajoutez à cela la chaleur et la promiscuité, il arrive parfois que ça pète.
 
 
Dimanche 14 mai,
 
Nous sommes réveillés de bonne heure. Le parking est désert mais la gargote d’à côté met la musique à fond dès 6h du matin !! N’importe quoi.
De toute façon nous voulions aller visiter la ville assez tôt pour ne pas trop souffrir de la chaleur.
Nous commençons par la Mosquée Bibi-Khanoum, malheureusement en travaux.
Samarcande

Puis nous traversons le quartier juif pour aller voir une synagogue. Histoire de nous changer des mosquées.  Nous y aller nous sortons des sentiers touristiques et nous marchons un long moment dans les ruelles poussiéreuses, sous le soleil déjà fort. Pour au final arriver devant une porte clause. Super !!
Nous retournons donc sur l’axe touristique principal et repassons devant le Registan. Nous sommes dimanche et il y a foule, presque exclusivement des locaux.


Nous prolongeons ensuite jusqu’au mausolée de Gour-e-Amir où se trouve la dépouille de Tamerland. Puis nous terminons la visite par la statue de Tamerland.

Samarcande
Samarcande

Après cette grande ballade, nous nous arrêtons dans un café pour une pause fraîcheur, ce qui nous laisse le temps de choisir notre restaurant du midi. Il y en a un qui nous tente bien. Il est un peu à l’écart des touristes et proposent une cuisine locale.
Nous sommes quasiment les premiers clients. A l’entrée il y a un présentoir avec toutes sortes de Chachliks  (comprenez brochettes), spécialités d’Asie centrale.

Samarcande

Nous en choisissons plusieurs, au poulet, bœuf, mouton et légumes. Le service est hasardeux. On se retrouve avec 2 brochettes au mouton alors que je suis le seul à les aimer et on attend des plombes notre deuxième assiette de frite. Mais les plats sont bons et c’est ce qui compte.

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons de nouveau au café pour prendre des glaces à l’italienne. Les portions sont généreuses, on se retrouve avec au moins 300 grammes de glace chacun !!! Et ça nous rafraichi bien.
 
En milieu d’après midi, on lève le camp. Mais avant de quitter Samarquande, il nous faut faire le plein de gasoil. On tourne presque une heure pour en trouver. Pff, quelle galère !!
Maintenant direction Tachkent pour faire nos visas russes qui commencent sérieusement à nous stresser.
Nous nous arrêtons à mi-chemin dans un chemin poussiéreux, près d’un canal et d’un âne fort sympathique.
Samarcande

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