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= DUDU Express =

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Un tour d'Eurasie express pour la famille Dudu en camping-car

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

Samedi 17 juin,
 
Nous démarrons aujourd’hui notre traversée du Kazakhstan. Un marathon de 10 jours pour parcourir les 2 500 km qui nous sépare de la frontière russe. 250 km par jour de moyenne, c’est à priori tout à fait réalisable, sauf que nous nous attendons à avoir des routes particulièrement mauvaises. Pour agrémenter cette longue traversée monotone de la steppe, nous aurons toujours l’école, les arrêts logistiques et les (quelques) visites touristiques.
L’idée est d’engranger un maximum de kilomètres au début où nous devrions bénéficier de voies rapides. Nous voulons autant que possible avoir un peu de marge en prévision des mauvaises routes à venir. Et puis si nous pouvons nous poser un jour ou deux  avant le passage en Russie ce serait pas mal. Nous n’avons ensuite qu’un visa de transit de 9 jours et nous aimerions quand même visiter un peu Moscou et Saint-Pétersbourg.
 
Alors c’est parti pour la première journée d’étape. Nous commençons la route dès le matin et les enfants font l’école en roulant. La voie rapide est vite atteinte sauf que nous ne savons pas à combien est la limitation de vitesse. D’après l’allure des autres véhicules nous pensons que c’est la même qu’en France : 110 km/h.

Nous atteignons comme prévu le village d’Aïcha-Bibi à l’heure du déjeuner. Il y a deux mausolées qui méritent un arrêt, rapide, car la chaleur s’est encore accrue depuis hier. Cela nous permet néanmoins de nous dégourdir un peu les jambes.
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

Dans la foulée nous cherchons un emplacement à l’ombre pour déjeuner. Opération délicate à l’heure où le soleil est au zénith.
Nous atterrissons finalement en bordure de la route principale. C’est pas le top mais nous restons malgré tout un moment pour manger bien sûr, mais aussi pour terminer/corriger les devoirs et pour le blog.

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

Nous roulons ensuite tout l’après midi jusqu’à Turkestan quasiment, ce qui nous aura fait une étape de 500 km, pas mal ! Après quelques tentatives hésitantes, nous trouvons enfin une petite route goudronnée qui s’éloigne de la route principale pour bivouaquer.  On s’installe en bordure d’un champ, c’est relativement étroit mais il y a de quoi poser la table et les chaises. La chaleur accablante de la journée devient insoutenable une fois la Dudumobile arrêtée. Le thermomètre intérieur affiche 38°. A l’extérieur nous ne savons pas mais il n’y a pas un pet’ d’air et s’est étouffant. On passe des litres et des litres d’eau pour nous désaltérer.
Pour se rafraichir les enfants s’en vont tremper leurs pieds dans le canal qui passe juste à côté. Une eau puissante circule dans cette rigole de béton et Pauline y fait malencontreusement tomber une tong. Heureusement que les enfants se situaient quelques mètres en amont, j’ai juste le temps d’arriver au canal pour m’en saisir !  Sinon c’était perdu.

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La route est très peu passante et nous pensions être au calme pour la soirée. Mais c’est raté, une première voiture s’arrête. Un jeune ado et son père en sortent pour aller couper des hautes herbes à la faucille. Sûrement pour faire du fourrage.
Puis une deuxième voiture arrive quelques instants plus tard suivie d’un tracteur. A voir l’attitude des deux hommes nous comprenons qu’ils veulent répandre de l’engrais ou des pesticides dans le champ d’à côté, supeeer !!
Nous hésitons un moment à décamper mais nous avons déjà eu du mal à trouver cet emplacement, nous verrons bien. Finalement le tracteur commence à l’autre bout du champ et le vent étant totalement absent pas de risque pour l’instant de recevoir des projections. Mais nous devrons passer la soirée et le début de la nuit avec le « doux » ronronnement du tracteur qui nous rase de temps en temps pour refaire le plein au canal !
Mais à part cela, la nuit sera bonne, d’autant que la température est bien redescendue.
 
 
Dimanche 18 juin,
 
C’est la fête des pères. Dès mon réveil je suis très heureux de recevoir les dessins des enfants. On trouve une petite place dans la Dudumobile pour les contempler jusqu’à la fin du voyage. Mais le plus beau cadeau reste de pouvoir passer tous ces mois avec eux et de partager tellement de belles aventures.
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

Comme il n’y a pas d’école nous arrivons assez tôt à Turkestan, ancienne grande étape de la route de la soie. Mais avant de visiter le seul mausolée d’architecture timourine du Kazakhstan, nous profitons de traverser une des rares grandes villes pour ravitailler.

Lors de cette traversée de la steppe nous craignons avoir des difficultés pour faire le plein d’eau, alors nous sommes très attentifs dans les villes. Par chance, alors que nous cherchons le vendeur de pastèques qui a disparu pendant que nous étions au supermarché, nous tombons sur 3 hommes en train de laver une voiture. Voilà une belle opportunité de leur demander si nous pouvons utiliser leur tuyau. C’est une nouvelle fois l’occasion de saluer la générosité des peuples d’Asie centrale. Les hommes sont ravis de nous rendre service. Pendant que les réservoirs se remplissent deux clients du supermarché viennent à notre rencontre par curiosité. Et nous nous prêtons bien volontiers à une séance photo. Nous ne savons pas si c’est pour nous remercier ou tout simplement par gentillesse, mais la dame revient quelques minutes plus tard avec 3 énormes paquets de gâteaux !!! Que dire … à part, merci ? Ou plutôt « spasiba ».

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

Nous rejoignons ensuite le centre ville pour aller voir le fameux mausolée d’Amedh Yasawi, premier grand sage musulman du monde turc. Nous nous croyons revenus quelques mois en arrière, en Ouzbékistan. Normal, le mausolée initial a été incrusté dans un bâtiment plus grand sur ordre de Timur Lang, Tamerlan, le sanguinaire ! On retrouve donc la célèbre architecture avec les faïences turquoises.
Malgré sa façade et son dôme imposants le bâtiment est moins joli que ce qu’on a pu voir en Ouzbékistan. L’intérieur est cependant plutôt sympa. On trouve sous la coupole de 18m de diamètre, un chaudron en métal de 2 tonnes pour l’eau bénite, et la plupart des autres pièces ont été transformées en musée. Mais l’autre intérêt de la visite est de se mettre au frais !!! Au soleil la température est infernale, et tout le monde rase les murs. Céline regretta malgré tout de devoir s’équiper d'un voile, encore une fois.
A proximité du grand mausolée, il y en a quelques autres de moins grande envergure. Il y a aussi une curieuse mosquée semi-enterrée.

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
Nous partons ensuite en quête d’un restaurant mais il nous faut parcourir quelques longues centaines de mètres sous le cania pour atteindre la rue principale. Il n’y a pas foule ! Nous nous engouffrons dans le premier restaurant climatisé que nous trouvons, une sorte de fast food servant, pizza, kébab et burger.
La nourriture ne s’avérera pas terrible et chère pour la quantité, mais bon, ça nous aura fait une coupure !

Il est maintenant grand temps de poursuivre notre traversée kazakhe. La voie rapide continue jusqu’à Kyzylorda. Cette ville, brève capitale pendant l’ère soviétique de 1925 à 1927, est notre objectif pour le bivouac de ce soir. Il fait très chaud cet après midi ! Tellement chaud que les vaches se couchent au milieu de la 4 voies, à l’ombre de la glissière de sécurité !
La belle route traverse quelques villages mais ne change jamais d’aspect. Je ne sais pas trop qu’elle est la vitesse limitée dans ce cas, est-ce 50 ? Généralement je me cale sur les locaux et je ralenti autours de 80. Mais cette fois, perdu dans mes pensées, je me rends compte que nous sommes en ville qu’au moment où nous croisons une voiture de police ! Et pourtant Céline veille !
Je ne sais pas si la voiture nous a flashé mais dans mon rétro je la vois faire demi-tour à un U-Turn. Pour brouiller les pistes j’en fais de même quelques mètres plus loin. De fait, nous croisons la voiture de patrouille de nouveau et rien ne se passe. Elle file tout droit. Aussi je refais demi-tour pour reprendre notre marche normale. Ouf ! On l’a échappé belle.
Mais ce soulagement ne sera que de courte durée. Quelques kilomètres plus loin, j’aperçois du coin de l’œil de l’autre côté de la voie rapide, un policier qui me fait signe de me ranger. Si j’étais malhonnête je dirai bien que ça n’a rien à voir avec mon probable excès de vitesse mais il semble bien que j’ai été pris !
A ce moment je ne sais pas ce qu’il se passe dans ma tête mais au lieu de m’arrêter, je continue ma route. J’avoue ne pas avoir très envie d’avoir de nouveau à faire avec la police locale. Pire, et après coup je n’en suis pas fier, je m’en vais même nous cacher derrière la digue que forme la voie ferrée. Au cas où les policiers passeraient. C’est donc l’occasion de faire une petite pause histoire de se désaltérer et de se dégourdir les jambes. Céline en profite aussi pour s’occuper du linge.
Nous repartons après un bon quart d’heure. Je suis à la fois ravi d’avoir joué un vilain tour aux policiers mais j’ai maintenant la sensation d’être un fugitif, à la merci d’un moindre contrôle de police ! Surtout que les camping-cars blancs ne courent pas les rues par ici !
Mais le fait est que nous roulons longtemps sans voir la moindre patrouille. Et au jeu du chat et de la souris,  les policiers sont les plus forts. A un U-turn, une voiture attend patiemment. A notre vue, les gyrophares et la sirène sont mis en marche. Cette fois nous ne pourrons pas dire que ce n’était pas pour nous. Les policiers ne sortant pas de leur voiture, c’est finalement Céline qui va à leur rencontre. Et une fois de plus, elle joue à la perfection la personne qui ne sait pas ce qu’il se passe et pourtant les policiers sont plutôt bons en mines (dixit la spécialiste du Time’s up !). Ces policiers ont reçu sur leur téléphone, une photo du radar envoyée par les autres policiers. Mais ce sont des téléphones d’une autre génération avec un écran tout petit et une mauvaise définition. Céline toujours avec le sourire fait mine de ne rien comprendre et les policiers finiront par laisser tomber. Ils ont un autre véhicule à intercepter. C’est mal ce qu’on a fait hein ?  Mais ça fait partie de la longue liste de choses qu’on peut se permettre en voyage, et en camping-car : comme dire ce qu’on pense à voix haute, passer les douanes en crocs, considérer qu’un passage à la piscine vaut pour une douche, …
Finalement nous repartons, un peu honteux, mais avec l’esprit libre. L’épée de Damoclès a disparue.

Nous prolongeons notre route jusqu’à la sortie de Kyzylorda. Une seule chose me préoccupe, comment va être la route une fois la voie rapide terminée. Et la bonne surprise continue, même après être passés en voies normales, le revêtement est toujours excellent. De quoi dormir l’esprit tranquille. Aussi nous nous arrêtons dans un coin ombragé, et ils sont rares ! Sauf que manifestement nous ne sommes pas les seuls à nous être arrêtés ici vu le nombre de déchets qui gisent par terre.  Quel dommage !
Mais tant pis, nous renonçons à chercher un autre emplacement. Bilan de la journée de route : 330 km, pas mal !
 
En fin d’après midi, comme nous recherchons depuis longtemps un coiffeur, en vain, nous sortons la tondeuse. Pour Simon pas de soucis c’est habituel, mais pour moi … Alors après avoir pris l’avis général et avoir posé le pour et le contre,  c’est décidé, je passe à la tondeuse !! De mémoire cela ne m’était pas arrivé depuis 1997, année de mes premières vacances avec les potes !!
Céline commence tranquillement, mais au fur et à mesure que les touffes de cheveux tombent, elle commence à regretter sa proposition !!  Et effectivement, ça change, il  faudra à tout le monde quelques  jours pour s’y faire. Et puis, de toute façon ça repoussera. Cela nous avait fait pareil au début du voyage lorsque Céline s’était fait couper les cheveux très courts aussi. Tout le monde lui avait fait remarquer qu’elle ressemblait à sa sœur, coiffée ainsi. Cette fois, tout le monde me dit que je ressemble à mon frère, c’est amusant !!!
La soirée se passera tranquillement malgré l’apparition de quelques moustiques voraces.
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
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Lundi 19 juin,

Au cours de la matinée nous avons la visite d’un petit chat, qui n’est pas sans nous rappeler le notre lorsqu’il avait le même âge. Un petit chaton noir avec une touche de blanc. Il s’approche de nous sans appréhension avec un petit miaulement aigu. Nous avons beau regarder autours de nous, nous ne voyons de mère ! Il n’est pas très gras, aussi, nous lui donnons quelques morceaux de saucisson desquels il se goinfre. Nous finissons par apercevoir la mère mais elle est beaucoup plus craintive, elle approche à pas feutrés. Mais elle ne viendra jamais aussi près que son petit qui nous a adopter et qui passera la reste de la matinée avec nous. Au fur et à mesure que le soleil monte, nous devons déplacer la table pour rester à l’ombre. Qu’à cela ne tienne, le petit chat se déplace aussi pour s’allonger au plus près de nous. Si nous n’avions pas vu sa mère et si nous avions déjà traversé la Russie, il est probable qu’on l’aurait adopté. Mais nous devons renoncer à l’embarquer et c’est avec un peu de tristesse que nous décampons en début d’après midi.
 

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

Aujourd’hui nous passons dans une ville dont le nom fait rêver beaucoup d’entre nous, j’ai nommé Baïkonour !! Mais mes sentiments sont partagés lorsque nous apercevons quelques unes des installations de ce site immense. Pour le fan d’astronomie que je suis, être là, au cosmodrome d’où se sont envolés Gagarine et plus récemment Thomas Pesquet est émouvant. Mais j’aurai bien aimé voir décoller la fusée qui est partie il y a 5 jours. C’était dans le programme du voyage. Malheureusement nous avons pris un peu de retard et nous avons dû réaménager notre plan de route lorsque l’ambassade russe nous a refusé nos visas de tourisme. Après je ne sais pas, à 70 km du pas de tir, aurions nous vu quelque chose ? Sans doute, mais c’est ainsi. Simon est déçu aussi. Même si nous savions qu’avec toutes les péripéties que nous aurions, il était loin d’être sûr que nous serions ici le 14 juin, l’espoir était là !
A la place, Simon en construira une avec ses LEGO. 5-4-3-2-1 IGNITION.

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

Pas d’arrêt à Baïkounour donc, si ce n’est pour refaire le plein de carburant dont les prix sont en rouble. La ville est administrée par la Russie !
A noter qu’il est possible de visiter le cosmodrome mais il faut compter entre 900 et 1 400 € par personne, et il faut s’y prendre plusieurs mois à l’avance pour avoir les autorisations.
Nous continuons donc notre route pour nous enfoncer dans la steppe. Les camélidés sont de retour !! Et cette fois ce sont en grande majorité des chameaux que nous apercevons.

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

Nous nous arrêtons pour la nuit dans la ville de Aitiekie bi. La situation n’est pas idéale, nous sommes coincés entre la route et la voie ferrée.  Mais ça fera l’affaire. Cela étant on ne pensait pas qu’il y aurait autant de train pendant la nuit. Et qui klaxonnent à chaque fois !

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 1

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manu 23/06/2017 07:43

Toujours un plaisir de suivre vos aventures, vraiment passionnant et riche en découverte

bonne chance pour la suite

Denis 22/06/2017 19:04

Au jeu des ressemblances c'est frappant entre la mère et la fille sur la première photo. Quand à toi et ton frère, fallait couper encore plus court ;)