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= DUDU Express =

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Un tour d'Eurasie express pour la famille Dudu en camping-car

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2

Mardi 20 juin,


Avec l’étape d’hier de 330 km, nous en sommes à 1 160 km parcourus sur les 2 480. Il en reste donc 1 340.

Comme souvent, nous faisons école où nous avons passé la nuit. Avec Simon nous sommes installés sur la table de pique nique, lorsque le vent se lève d’un coup. Nous devons nous replier à l’intérieur après avoir ré-enroulé, tant bien que mal, le store banne.
Le vent ne faiblit pas, bien au contraire. Sur les coups de midi, il se transforme en tempête de sable !! A peine avons-nous le temps de réagir qu’on se retrouve avec une pellicule de sable fin, partout dans le camping-car, super !!! La chaleur montant rapidement les fenêtres fermées, nous n’avons d’autre choix que de décamper rapidement. Alors c’est parti, on range tout en quatrième vitesse, on verra plus tard pour le repas.

Le vent était annonciateur d’une perturbation que nous atteignons quelques instants plus tard. Mais nous sommes heureux de retrouver la pluie qui rafraichit l’air, nettoie le pare brise et fixe le sable au sol. Après avoir passé le plus gros des averses, nous nous stationnons sur le bord de la route pour manger.

En début d’après midi nous atteignons la ville d’Aralsk qui bordait la mer d’Aral avant son retrait progressif dû au détournement des eaux des deux grands fleuves Syr Daria et Amou Daria, pour la culture intensive du coton. Mais avant de constater de nos yeux ce désastre écologique et humanitaire, nous commençons avons quelques trucs à faire. Retirer un peu d’argent dans l’unique distributeur de la ville (et à fortiori des environs), et faire quelques courses. Contrairement à ce que je pensais, il n’est pas simple d’approcher l’ancien littoral. Nous essayons de percer à travers les rues sablonneuses mais les premières tentatives sont infructueuses. Mais nous finissons par trouver un accès à un chemin empierré, qui passe carrément dans l’ancienne mer d’ailleurs. S’il n’y avait pas quelques coquillages dans le sable et les grues de l’ancien port, il serait presque impossible d’imaginer qu’il y a 40 ans, la mer était juste là. D’ailleurs on aurait bien aimé s’y tremper vu la chaleur des derniers jours.
Quelle tristesse.

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
Mais il faut savoir que les habitants ont un vrai espoir de voir revenir la mer. Avec l’aide d’organisations internationales, un barrage de 14 km a été construit en 2005 pour couper le canal qui reliait les parties nord et sud de la mer d’Aral. Avec l’arrêt des vases communiquant, la mer a vue son niveau remonter grâce aux eaux du fleuve Syr-Daria, que nous avons traversé à plusieurs reprises.
La mer a déjà gagné plusieurs dizaines de kilomètres et dans le même temps plusieurs espèces de poissons d’eau douce ont fait leur retour. La pêche a repris. Même si elle n’est encore qu’artisanale, plusieurs usines de traitement du poisson fonctionnent de nouveaux autours de la petite mer d’Aral.
Dans le même temps, sans augmentation du flux de l’autre fleuve, l’Amou Daria, qui traverse le Turkménistan et l’Ouzbékistan, le barrage condamne définitivement la partie sud de la mer d’Aral.
 
Nous remontons dans la Dudumobile mais notre visite d’Alalsk n’est pas terminée. En quittant le supermarché un peu plus tôt, j’ai entendu un bruit de tac tac tac, cadencé sur la vitesse de rotation de la roue avant droite. Hum Hum, il semblerait bien que nous ayons un clou dans le pneu ! Et on le trouve facilement. Moi qui voulais faire vérifier la pression des pneus, nous n’irons pas au garage pour rien.
Nous entamons une marche arrière pour rejoindre la ruelle, au moment même où un gros camion Kamaz arrive. Comme le camion dédaigne reculer aussi, je m’engage mal dans la ruelle et paf, nous sommes plantés dans le sable !
Voyant notre situation le chauffeur se propose de nous tirer avec son camion. Le plus simple serait de nous tracter par l’arrière mais je ne sais pas où fixer la sangle sur le châssis. Nous avons  peur que ça arrache quelque chose et nous avons assez de préoccupations pour le moment !! Nous proposons au chauffeur de se mettre à l’avant mais il nous fait comprendre qu’il risque de s’ensabler également. Alors nous nous en remettons à nos moyens habituels. Et avec l’aide de quelques habitants nous sortons du sable assez facilement.
 
Pour éviter de nous ré-ensabler, nous décidons de suivre le chemin des Kamaz. Sauf que, nous ne savons pas trop où il conduit. On se retrouve un peu perdu dans les rues défoncées de la ville et nous ne savons plus comment rejoindre le garage que nous a indiqué un des habitants. On essaye de repiquer dans le centre et coup de bol, on tombe pile sur le garage spécialisé dans les pneumatiques !! Même si d'extérieur, rien n’indique qu’il s’agisse d’un garage.
Le problème est facile à expliquer et les mécanos se préparent à poser une mèche. Il semblerait qu’ils posent les mèches par l’extérieur ici, chose interdite en France pour les véhicules dépassant une certaine vitesse. De fait, dans le matériel de bricolage que j’ai apporté pour le voyage, j’ai quand même pris le kit de méchage extérieur que j’utilise pour le scooter. Au cas où, la roue de secours de suffise pas.

Attention, le gérant enlève le clou, et rien ne se passe, pas de fuite. Le clou pourtant long de plus de deux centimètres n’a pas entièrement traversé la gomme. Cool !! Et effectivement, la vérification de la pression montre qu’aucun des pneus n’a bougé.
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2

Nous hésitons sur notre itinéraire après Aralsk. Nous sommes tentés d’aller voir le cimetière de bateaux situé à Jambyl, à 55 km. Mais nous craignons que la route soit mauvaise et de plus, d’après nos guides, les récupérateurs de ferraille disloquent petit à petit les carcasses des navires.
Nous profitons d’être avec les locaux pour leur demander leur avis. D’après eux, la route semble bonne, par contre, il semble effectivement que les ferrailleurs ont fait main basse sur les navires. Alors tant pis, nous continuerons sur la route principale !! Et coup de bol, en repartant nous dénichons un robinet dans un parterre de fleurs. Nous pourrons donc repartir avec le plein d’eau !
Avec toutes ces péripéties il est déjà 18h passé lorsque nous quittons Aralsk. Il serait bien temps de se poser pour le bivouac mais nous n’avons que très peu roulé aujourd’hui. Alors nous rejoignons la M32 pour filer en direction d’Aktobe, la prochaine grande ville, à 600 km de là !!
Après une bonne heure de route nous nous arrêtons quelque part au milieu de la steppe. Bilan kilométrique de la journée : 175.

Mercredi 21 juin,

Le plus long jour de l’année le sera encore un peu plus pour nous. Aujourd’hui nous passons dans le fuseau horaire de l’ouest du Kazakhstan. C’est la première fois de notre vie que nous changeons d’heure comme ça, sans changer de pays. En plein milieu de la steppe, le seul élément matériel qui nous le fait savoir est le panneau de changement de région. Nous reculons donc nos horloges d’une heure et commençons à notre rapprocher de l’heure française. Nous en sommes maintenant à +3 heures.
La suite de la route se passe sans encombre jusqu’à ce qu’on passe sous une pluie, de sauterelles. C’est hallucinant !! Des milliers de sauterelles volent toutes dans la même direction, elle se fracasse sur le camping-car, il y en tellement qu’on a tendance à vouloir les éviter en baissant la tête ! :-D.
Parfois la route s’éloigne du courant et il n’y en a plus du tout. Puis elle replonge dedans, et ça recommence de plus belle ! Vraiment impressionnant !
Qui veut une brochette pour le déjeuner ?
 

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2

En fin d’après midi, ce qui devait arriver arriva, la route commence à être moins belle. Elle devient rugueuse et on voit apparaître quelques trous. Mais rien de bien méchant en comparaison avec ce qu’on a connu en Ouzbékistan ou au Turkménistan. Le seul passage un peu délicat constituera à prendre une déviation dans la steppe. 5 kilomètres de piste dans la poussière et au milieu des camions, ça nous distrait un peu !

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2

Mais on a beau dire, il y a quand même quelques curiosités. Il y a des cimetières disséminés un peu partout, parfois même assez loin des villes. La voie ferrée. Et on trouve sur presque toutes les aires de repos su Kazakhstan, des ponts pour la réparation des véhicules. Ils sont parfois annoncés par des panneaux avec une clé à molette. Je croyais au départ que cela signifiait « mécanicien », mais au Kazakhstan, le mécanicien, c’est toi ! Espérons que nous n’ayons pas besoin de monter sur un de ces ponts.

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2

Après cette nouvelle étape de 310 km, nous quittons la route pour un nouveau bivouac dans la steppe. On note quand même que la végétation varie. Hier il n’y avait que quelques touffes rugueuses sur un terrain sablonneux. Aujourd’hui, le sol est d’avantage terreux. Il y a plus d’herbes et même quelques fleurs.
Par contre, la présence de moustiques est invariable. Dès le début de soirée ils font leur apparition et on commence à avoir une belle collection de boutons qui grattent à longueur de journée. Sans doute pour éviter la somnolence au volant !
Au menu du soir : des croques carotte !!

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
Jeudi 22 juin,

Pour la première fois depuis longtemps, rien à signaler aujourd’hui. La route est correcte, sans plus. Après quelques kilomètres nous changeons de cap. Nous passons du nord à l’ouest et nous nous arrêtons un peu avant Aktobe. Avec les 240 km engrangés aujourd’hui, nous sommes dans le timing.
 
 
Vendredi 23 juin,
 
En début d’après midi nous arrivons rapidement à Aktobe pour une nouvelle étape logistique dans notre traversée de la steppe. Nous ne nous attendions pas à une si grande ville et cela nous permet de trouver quasiment tout ce que nous cherchions. Notamment du PQ non rêche, et même du vinaigre, aux abonnés absents depuis le Kirghizistan.  La constitution des repas est un vrai casse tête pour Céline qui est habituée à préparer ses menus à l’avance. Ici on ne sait jamais ce qu’on va trouver, et c’est curieux comme certains produits disparaissent d’un coup, au gré des frontières et des habitudes des populations. Cela étant, au Kazakhstan, on trouve des supermarchés presque partout, plus ou moins bien achalandés. Les rayons les mieux garnis restent immuablement ceux des biscuits et de la vodka !
On craignait de devoir quitter la ville sans pouvoir remplir nos réservoirs mais cette fois c’est l’arrosage public qui nous sauve !
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2

En milieu d’après midi nous reprenons la route, toujours très correcte. On a remarqué que certains véhicules européens vivaient une deuxième vie en Asie Centrale. L’occasion de tomber sur des voitures germano-kazakhes ou encore des camions franco-kirghizes !

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2

Nous nous arrêtons juste après Kobda. Courte étape aujourd’hui, seulement 135 km.
Cela nous laisse le temps de profiter cette belle soirée ensoleillée où, après une bonne douche bien fraîche, on se régale d’un bon dessert aux pommes caramélisées et à la glace aux noix !

La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
Samedi 24 juin,

Journée de transition sur une route un peu bosselée, qui fait décoller les roues avant de temps en temps.
Nous nous arrêtons à 80 km d’Oural que nous rejoindrons demain. Bilan kilométrique de la journée : 280 km.
 
 
Dimanche 25 juin,
 
Il nous reste encore pas mal de Tenges à dépenser avant notre passage en Russie. On a encore mal calculé notre coup. Mais c’est une bonne occasion pour aller au resto. En fin de matinée nous partons vers Oural. Encore faut-il sortir de la steppe ! Nous avons essuyé une belle pluie en soirée et le chemin pour rejoindre la route principale est un peu boueux. Et même pour se remettre sur le chemin ça n’est pas simple. Je négocie mal une ornière et avec le porte-à-faux, une des roues avant n’adhère plus et patine indéfiniment. Nous galérons un peu pour nous sortir de cette situation assez différente de nos derniers ensablements. Cette fois c’est Céline qui à la clé et son idée nous remet dans les traces.
Une dernière fois nous souhaitons goûter aux saveurs de l’Asie centrale mais nous ne trouvons le resto préconisé par notre guide. A la place nous nous rabattons sur un fast food. Après réflexion nous nous rendons compte que nous ne pourrons toujours pas dépenser tout notre argent en simples courses alimentaires et en carburant, qui n’est pas cher ici. Alors pour agrémenter notre après midi et pour avoir un petit goût de chez nous, on s’offre un p’tit bowling bien sympa.
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2
La traversée Kazakhe, steppe by steppe - Acte 2

En fin d’après midi nous sortons tout juste de la ville pour bivouaquer. 83 kilomètres seulement aujourd’hui, mais cela nous a suffit pour franchir la rivière Oural, qui selon certains, marque la frontière entre le continent asiatique et européen. Alors on peut presque dire que nous sommes de retour en Europe. Même si pour nous cela sera vraiment le cas lorsque nous quitterons la Russie.

 

Lundi 26 juin,


Pour notre dernière journée au Kazakhstan, nous n’avons que 100 km à parcourir. C’est l’occasion de préparer notre entrée en Russie demain matin. Nous quittons Oural sur les coups de 16h, la route est toute neuve !! Un peu trop même. Tant est si bien qu'au bout d'une vingtaine de kilomètres on se retrouve dans le chantier et nous devons prendre la route temporaire déglinguée sur le bas côté. Un peu plus loin on se retrouve sur la route originale mais avant rénovation et quelle galère, il y a des énormes trous partout. On avance à 20 km/h, cette fois ça y est, on se croirait revenu en Ouzbékistan !! Heureusement que toute la traversée de la steppe n'a pas été comme ça.

Pour rejoindre la Russie nous avions deux itinéraires possibles. Compte tenu du peu de jours que nous avons dans le pays, j'ai choisi l'itinéraire le plus court. Mais avec le recul, j'aurai mieux fait de continuer sur la M-32 qui, par delà la frontière russe, va jusqu'à Samara.

Nous faisons un arrêt à Taskala, dernière ville avant la frontière, pour liquider nos tous derniers tenges. Il nous reste l'équivalent de 23 €. Malheureusement il n'y a que des mini épiceries où on ne se sert pas tout seul. Dans ces conditions, pas facile de faire ses courses quand on ne parle ni russe ni kazakh. Alors on passe y un temps fou.

Nous prolongeons la route jusqu'à apercevoir la frontière. Nous nous stationnons une nouvelle fois sur le bord d'une piste perpendiculaire à la route. Dans la soirée nous avons la visite de deux jeunes autostoppeurs ukrainiens qui viennent nous saluer. Après être passé en France il y a quelques mois, ils s'offres maintenant un petit tour au Kazakhstan.

C'est finalement sur une mauvaise journée que s'achève notre longue traversée du Kazakhstan, même si elle s'est avérée plus facile que ce que nous pensions. Nous disons pas la même occasion au revoir à l'Asie centrale qui nous a marqué sur bien des points. De bons et de mauvais souvenirs qui s'ajoutent à notre belle collection.

Demain nous démarrons un nouveau chapitre avec un peu d'appréhension : la traversée de l'ouest de la Russie en 9 jours. L'aventure continue ....

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